19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 00:23

Mise à jour : 18 octobre 2011. Article écrit par Renaud Dor.

Pour connaitre tous les résultats des élections présidentielles argentines, législatives, sénatoriales et des gouverneurs du 23 octobre 2011 : Cliquez ici.

Elisa Carrió :

Deuxième femme candidate aux élections présidentielles de 2011 en Argentine, Elisa María Avelina Carrió, née le 26 décembre 1956 dans une famille traditionnelle de Resistencia (capital de la province de Chaco) n’en est pas à son premier coup d’essai pour ces élections. Etant déjà candidate aux élections de 2003 et 2007 on peu même dire que c’est une habituée des présidentielles. Retour sur la vie et la carrière politique de cette femme énigmatique divorcée et mère de trois enfants. Lire ensuite article sur son programme.

Avocante sous la dictature :

 Elisa Carrió a avant tout une formation d’avocate et une carrière impressionnante dans le monde du droit en Argentine. Elle fait ses études à la « Universidad Nacional del Nordeste » (UNNE), où elle est diplômée en droit en 1978 puis elle effectue son doctorat en Droit Publique à la « Universidad Nacional del Litoral ». En 1979, pendant la dictature, elle est engagée dans le groupe d’avocat s’occupant de la fiscalité de l’Etat de Chaco. Toujours pendant la dictature autoproclamée « Processus de réorganisation nationale », elle deviendra « Secretaria de la Procuración del Superior Tribunal de Justicia » du même Etat. Ce passé douteux au sein de l’administration lui vaut de nombreuses critiques auprès de ses opposants aujourd’hui. Elle sera également Elle devient ensuite professeur de droit constitutionnel et de droit politique à l’UNNE puis directrice adjointe de l’Institut de Sciences Politiques et Philosophiques. Elle fut également conseillère supérieure de la UNNE et Jury de professeurs titulaires et adjoints de Droit Constitutionnel à la Universidad de Buenos Aires (UBA). Puis, elle sera directrice du département des droits de l'homme à la fac de droit de la UBA de 1986 à 1988.

Vidéo : Elisa Carrio est invitée lors de l'excellente émission du journaliste Gerardo Rozin.

Ancienne radicale, elle monte son propre parti l’ARI :

Dans les années 1990, Elisa Carrió soutenue par son mentor et ex président Raúl Alfonsín, se lance dans la politique. Elle sera élue en 1994 pour aider à réformer la constitution nationale en 1994. Elle sera élue et fera donc partie de la commission rédactrice ainsi que de la commission des traités internationaux. Elle est d’ailleurs principalement responsable de l’inclusion du traité international des droits de l’homme dans la nouvelle constitution. En 1995 elle est élue Député de la région de Chaco pour la première fois. En 1999 elle fera campagne aux côtés du candidat de la « Alianza » avec Fernando de la Rúa. La même année elle est réélue Député de la province de Chaco avec 60% des votes ! Durant son mandat, elle dirigera la commission des affaires constitutionnelles entre 2000 et 2001. C’est à cette période qu’elle commence réellement à acquérir une renommée publique en s’opposant à la politique suivie par le gouvernement en place. Elle se présente une première fois aux élections présidentielles en 2003 à la tête d’un partie fraichement créé et dirigé par elle-même : la «Afirmación por una República Igualitaria » (ARI) et devient ainsi la première femme à se présenter aux élections générales dans toute l’histoire de l’Argentine. Carrió promet de défendre une réelle république aux contraires d’autres candidats corrompus. Elle se réclame de la modernité, prône l’école publique et une nouvelle politique d’immigration. Elisa Carrió arrivera en 5ème position avec 14,05% des suffrages. En 2005, elle se présente pour devenir Député de la province de Buenos Aires avec l’ARI mais perd contre Mauricio Macri à la tête de la de la Propuesta Republicana (PRO). Des 2007, l’ARI entreprend une politique d’alliance avec d’autres partis, politique de laquelle naitra la Coalición Cívica qui est un confédération réunissant plusieurs partis parmi lesquels la «Política Abierta para la Integridad Social » (PAIS), la « Unión por Todos » (UPT) la « Generación para un Encuentro Nacional » (GEN), bien entendu la Afirmación para una República Igualitaria ainsi que des organisations sociales et politiques telles que FORJA, ou encore le « Movimiento de Trabajadores Desocupados de la Matanza » (MTD). Avec cette coalition Carrió arrive cette fois en deuxième position avec 23,04% des voix derrière Christina Kirchner et ses 45,29%. Notons quand même que c’est dans la ville de Buenos Aires qu’Elisa Carrió a obtenu le plus de votants lors de ces élections. En 2009 l’ARI est finalement dissout et changerea de nom pour s’appeler « Coalición Cívica para la Afirmación de una República Igualitaria » plus connu sous le nom de Coalición Cívica ARI. C’est sous ce parti que Carrió se présente pour les élections de 2011.

Un peu essoufflée :

Sa formation d’avocate fait que les problématiques centrales de son travail ont toujours été liées à la construction d’une république démocratique en mettant l’accent sur la justice. Elisa Carrió a toujours lutté contre la corruption et pour la construction d’un modèle républicain à la justice sociale efficace, c’est donc également ce qu’elle défend pour ces élections de 2011. Elle met en avant le fait que sa « Coalición Cívica » offre une alternative à la politique traditionnelle actuelle. La Coalición est en effet constitué de personnes de diverses horizons avec des idées multiples mais qui se rejoignent tous autour de principes clés tels que la république, l’éthique et le partage des richesses. Vous l’aurez compris, face à tous les scandales de corruptions et d’abus de pouvoir que les autres candidats doivent affronter, Elisa Carrió est relativement propre. Elle ne perd d’ailleurs pas une occasion de rappeler à ses opposants leurs passé douteux. Il faut dire également qu’elle n’a jamais eu vraiment assez de pouvoir pour avoir l’occasion d’en abuser. Elle prend donc un peu le contre pied de ses adversaires en se présentant comme la seule candidate honnête et défendant une nouvelle justice sociale en Argentine. Même si les résultats des primaires montrent que Christina Kirchner n’a à priori aucun souci à se faire quand aux résultats des élections, Carrió a tout intérêt à continuer à défendre ce genre de position en vu de sa carrière future. En effet Elisa Carrió a déjà passé de nombreuses années en politique, elle n’a plus grand-chose à espérer à part son important poste au sein de son propre parti ou de commissions défendant notamment les droits de l’homme ou la justice sociale.

Elisa Carrió, candidate d’un petit parti, s’est au cours des dernières années un peu essouflée. Au cours des elections présidentielles de 2003 l’ARI obtient plus de 14%, en 2007 son alliance avec le socialiste Rubén Giustiniani lui donne 23%, cette année on ne lui prête pas plus de 3 à 5%.  Elle ne devrait pas effrayer les grands favoris mais concrètement peut leur donner quelques sueurs froides en ressortant des placards les dossiers de corruptions. De plus la candidate de la Coalición Cívica ARI est réputée pour être une très bonne oratrice (formation d’avocate, ne l’oublions pas) et par conséquence est grandement redoutée par tout ses opposants quand il s’agit de débattre sa position. Lire ensuite article sur son programme.

Vidéo : Spot de la campagne électorale d'Elisa Carrio. Le ton est donné sur l'honnêteté et l'honneur.

A lire dans le Petit Hergé :

Elections présidentielles argentines d'octobre 2011- Les elections d'Octobre 2011.(Octobre 2011). Nous voilà sur la dernière droite avant les élections présidentielles argentines. Il s’agit du premier tour, mais la candidate sortante Cristina Kirchner est donnée en tête de tous les sondages avec plus 51% des intentions de vote. La bataille est pourtant bien là, puisque si les autres candidats ne se font pas trop d’illusions, il y a à la fois des batailles à mener pour chacun d’entre eux pour assurer leur place sur les sièges de l’assemblée nationale et du sénat..(Lire la suite).

 

- Alberto José Rodriguez Saa.(Octobre 2011).  Figure de petit joueur dans la cour des « grands candidats à la présidence » que sont Duhalde, Kirchner et Alfonsin, gouverneur remarqué de la province à succès de San Luis, issu d’une famille très politisée et très présente. Il veut mettre en projet à l'echelle national son programme qu'il a mis en place avec sa famille dans la province de San Luis...(Lire la suite).

 

 

- Eduardo Duhalde.(Ocotbre 2011). Eduardo Duhalde connait très bien le monde politique argentin, ne se décourage pas et affirme que rien n’est joué pour le moment, il avance ses pions et ses hommes à la chambres des députes et au sénat, puisqu’à la même date auront lieux les élections législatives. Détestant le couple Kirchner, il en fait aujourd’hui une question personnelle. La politique, le pouvoir et les relations. Au courant de toute la vie politiques et de ses dessous depuis les années 90, il a les moyens de sortir les dossiers gênants quand il veut...(Lire la suite).

- Ricardo Luis Alfonsin.(Octobre 2011). Pour Alfonsin, un seul et même leitmotiv : construire l’Argentine de la mobilité sociale ascendante, celle dans laquelle il grandit, avec cette fois ci en ligne de mire la liberté et l’égalité pour tous. Son slogan est  «Transformer la croissance en développement », ses buts principaux sont d’en finir avec la pauvreté extrême, de suivre le principe du fédéralisme, de respecter strictement les institutions et de permettre à chaque région en Argentine de faire entendre sa voix..(Lire la suite).

 

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commentaires

Géraldine 19/10/2011 21:45



Sexisme quand tu nous tiens... De tous vos portraits, Elisa Carrio est la seule dont on connaît l'état civil et le nombre d'enfants dès le premier paragraphe... Pourquoi ce qui est important pour
une femme l'est nettement moins (voire carrément pas du tout, comme dans le cas de Duhalde ou Rodriguez Saa) chez un homme?


 



Le Petit Hergé 20/10/2011 03:31


Mais c'est normal, puisque c'est une femme qui fait de la politique, elle aurait mieux fait de rester à la maison faire de bons petits plats pour son mari qui revient du travail ! Mais bon, tu
vois, c'est une divorcée .... Moi sexiste, mais pas du tout ? C'est bien un commentaire de femme ça !


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