21 août 2012 2 21 /08 /août /2012 21:00

Mise à jour : 21 août 2012. Article écrit par Vincent Ottenheimer de Gail.

nullLa Costanera Sur :

En 1918, fut inauguré la promenade de la Costanera Sur. Son style « Belle époque » symbolisait le progrès et la prospérité du pays. En effet, à cette époque, des milliers de porteños venaient s’y détendre et se baigner dans le Rio. En piteux état dès les années 1950, elle fut complètement mise en marge de la société dans les années 1970. De symbole de la prospérité, la Costanera Sur devint symbole de la décadence du pays. Entièrement réhabilitée, la nouvelle Costanera Sur fut inaugurée en 1998 et est aujourd’hui redevenu le lieu de prédilection des classes moyennes qui cherche à s’évader de l’étouffante Buenos Aires le weekend end. Lieu de distraction, la Costanera Sur est aussi un musée à ciel ouvert où le faste de la Belle époque rejoint les formes épurées de l’art déco des années 1920, et où les nombreuses œuvres nous ramènent inexorablement à l’Histoire porteña.

Photo : Sur le long de l'Avenida Costanera Sur (aujourd'hui Avenida de los Italianos), l'ancienne Brasserie Munich rénovée en 2002. (Cliquez sur la photo pour agrandir). Au fond les tours de Puerto Madero.

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Le projet de 1916 à 1918 :

C’est à partir de 1916 que la Municipalité de Buenos Aires développa le projet de construire une promenade sur les bords du Rio de la Plata. L’emplacement de l’actuelle Costanera Sur se situait à l’époque  sur des terres gagnées sur le fleuve, entre Puerto Madero et le Rio. Or cet emplacement était au cœur d’un conflit juridictionnel entre l’Administration des ports, rattachée à l’Etat, et la Municipalité de Buenos Aires. Cependant, en 1916, le Secrétaire des travaux publics, l’ingénieur Aguirre, sous l’administration de l’intendant Gramajo, demanda à l’ingénieur agronome et paysagiste Benito Javier Carrasco d’étudier un projet de transformation de la côte. Sa volonté initiale fut d’y construire une piscine pour jouir des eaux thermales supposées présentes dans la zone. Ce projet se transforma rapidement en celui d’une promenade accompagnée d’un Balneario. Les travaux commencèrent en 1918, sous la présidence d’Hipolito Yrigoyen : furent construits une avenue piétonne longeant le Rio et des jardins pour se détendre.

nullLe 11 décembre 1918,  l’Intendant Joaquin Llambias inaugura le Balneario Municipal Costanera Sur. Cette dernière s’étendait le long de la côte du Rio entre la jetée Plus Ultra – splendide point du vue sur le Rio qui sert aujourd’hui d’accès à la Réserve Ecologique - et la pergola sous laquelle se trouve la statue de Luis Viale. Cependant, la Costanera Sur, et plus particulièrement la jetée Plus Ultra, furent les cibles de nombreuses critiques à cause de leur fonction première. L’idée originale de Carrasco était de créer un espace de divertissement mais aussi d’hygiène pour la population urbaine qui en manquait beaucoup à cette époque.

Photos : Au dessus, la Costanera terminée. Double avenue séparée d'un terrain plein arboré. A gauche de laquelle deux promenades sont construites, une inférieure au niveau de l'eau, et une supérieure au niveau du trottoir de l'avenida. La vue est prise vers le sud. On voit au loin à gauche, le Balneario. Tout au fond les fabriques et leurs cheminées de Baracas et de La Boca. A droite les dépots et les rails de Puerto Madero. Au premier plan, des hangars aujourd'hui démolis. La photo est prise du Yacht Club de Buenso Aires. Photo du bas : La construction en 1917 de la Costanera.

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Photo : Photo aérienne de la Costanera Sur de Buenos Aires, au fond le Rio aujourd'hui occupé par la Reserva Ecologica. On distingue le Balneario au niveau de la fontaine. Proche, la Brasserie Munich sur l'avenida Costanera. Au premier plan les nombreuses voies ferrées et les hangars de Puerto Madero.  

null1920 – 1930 : Le Balneario à la mode :

 

Cependant, le Balneario Municipal de la Costanera Sur devint un des endroits préférés des porteños. Les installations comportaient notamment 300 cabines et interdisaient aux personnes de sexes opposés de se mélanger. Les horaires du Balneario étaient stricts : de 6h à 11h et de 15h à 19h, pour éviter les tentations nocturnes. De plus, durant l’intendance de Carlos Noel, il fut obligatoire pour les baigneurs de porter un maillot de bain en bon état, de se munir de serviettes et ne pas rester plus d’une demie heure dans l’eau. Le Balneario était constitué d’une rangée d’escaliers en pierre qui descendaient depuis un large trottoir jusqu’au niveau inférieur, au niveau du Rio. De là, un perron qui faisait toute la côte conduisait au lit du fleuve. La promenade était arborée d’acacias et de tipas, parsemée de grands bacs à fleurs et de réverbères directement importés de France. En 1924, l’intendant Carlos Noel inaugura l’extension de la Costanera jusqu’à l’axe de l’avenida Cordoba, avec la présence du président Marcelo T. de Alvear. Sur cette nouvelle annexe se déployaient des petites places dessinées par le paysagiste français Forestier dans un pur style versaillais, et à côté, des terrains de tennis, de football et même un gymnase pour enfant. Et c’est aussi durant les années 1920 et 1930 que s’installèrent de nombreux bars, cafés et restaurants de qualité qui rivalisaient de beauté architecturale. Ces derniers offraient de jour comme de nuit un large choix de spectacles de musique ou de théâtre.

Photo : Toujours dans les années 1920, le Balneario devient à la mode, le coté nord (à gauche) est plus prisé que le sud (en raison du soleil l'après midi).

nullDécadence et abandon :

Cependant, dès la fin des années 1950, la Costanera Sur commença à se détériorer et la baignade y fut interdite. Et au fil des décennies, l’abandon de l’activité à Puerto Madero, la pollution des eaux du Rio de la Plata et l’attrait grandissant d’autres promenades comme l’Avenue Costanera Norte, la Costanera Sur perdit de son attrait, ses restaurants et ses brasseries fermèrent et dans les années 1970 elle était complètement en marge de la ville. C’est aussi à partir des années 1970 que commencèrent à fleurir les « carritos », ces étales illégales avec des parrillas où l’on peut trouver choripan, hamburgesas et autres sandwiches.

Photo : Jorge Luis Borges et Estela canto en 1945 devant le Balneario.

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Photos : Fin des années 1920, à gauche, on y vient le dimanche pour se promener et voir les baigneurs. A droite, embouteillage de voitures sur l'avenida, trottoirs noirs de monde, et les Confiterias et Brasseries de desemplissent pas les samedis et dimanches. (Cliquez sur les photos pour les agrandir).

nullLa réhabilitation de la Costanera Sur, un succès populaire :

 

En 1978, pour la préparation du Mundial de football, l’Intendant Osvaldo Cacciatore entama son programme démesuré de construction d’autoroutes urbaines. Pour cela, de nombreuses manzanas du Sud de la ville furent détruite, pour notamment permettre la construction de l’autoroute 25 de Mayo et de l’autoroute Perito Moreno. Cacciatore prévoyait d’en construire sept autres. Les décombres issus des démolitions furent acheminés jusqu’à Puerto Madero et formèrent une bande de terre sur le Rio dans le projet d’y installer un quartier administratif et financier. Quand Cacciatore fut limogé de ses fonctions pour corruption, ce projet fut abandonné. Et au fil des inondations des crues crue du Rio, le terre-plein à l’abandon fut recouvert par des sédiments qui le consolidèrent et favorisèrent l’arrivée de la flore ; la Réserve Ecologique Costanera Sur venait de naître.

Si la future Réserve Ecologique avait définitivement séparé l’ancien Balneario Municipal de son Rio, elle apporta en revanche un nouvel attrait à la Costanera Sur. Ainsi, au fil des années 1990, la Municipalité commença à penser la réhabilitation de la promenade et plus généralement celle de Puerto Madero pour y construire un quartier de haut standing.

null En 1998, le chef de gouvernement Fernando de la Rua inaugura la restauration du Balneario Costanera Sur. Aujourd’hui, la promenade est redevenue un lieu de prédilection des classes moyennes et populaires porteñas. Aussi est-il habituel d’y voir des familles s’installer sur la Costanera avec leur nourriture pour passer le dimanche à l’air libre. De même, nombreux sont ceux qui viennent déjeuner ou diner dans l’un des nombreux carritos ou encore acheter vêtements, jeux ou autres gadgets bon marché aux nombreux vendeurs à la sauvette qui s’installent les week-ends contre la balustrade de la promenade supérieure.

Photo : Du sable sur les pavés dans les années 70 près de la statue de Viale. ci-contre des dizaines de parilla ouverts 24h/24h aujourd'hui sur la Costanera.

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La Brasserie Munich et les autres bâtiments signés Kalnay :

null Au début du XX° siècle, la promenade était un tel succès populaire qu’en 1924 la Municipalité de Buenos Aires commanda à l’architecte hongrois Andrés Kalnay la construction d’un ensemble de bâtiments et de locaux dans le but de les louer à des restaurants et des brasseries afin de dynamiser encore plus cette Costanera Sur déjà si célèbre dans le tout Buenos Aires. L’édifice le plus imposant fut occupé par la Brasserie Munich, et les autres, moins fastueux, par les brasserie Don Juan de Garay, la Brisas del Plata, La Perla et La Rambla. Elles fermèrent toutes entre les années 1940 et 1960 et les locaux furent laissés à l’abandon. Lors de la réhabilitation de la Costanera Sur, certains bâtiments furent détruits, d’autres furent transformé en lieux d’exposition, ou encore en musée. Kalnay créa aussi trois édifices plus petits : un pour la Brasserie La Alameda – aujourd’hui occupé par un bar du même nom – et un pour la Brasserie Punch de Naranja – aujourd’hui démolie – et une maison qui devint propriété de la Croix Rouge argentine par tirage au sort. Aujourd’hui, cette dernière s’est transformé en synagogue, appelée Beit Jabad. De tous les édifices dessinés par Kalnay, seuls cinq ont survécu : La Alameda, la Brisas del Plata transformée en salon d’expositions, la maison de la Croix Rouge et la Brasserie Munich, transformée en Centre des Musées de Buenos Aires.

null La plus célèbre des œuvres architecturales de Kalnay reste la brasserie Munich, située sur l’avenue de los Italianios. Elle fut construite en 1927 et demanda seulement 4 mois et 8 jours de construction. Elle devint rapidement un des lieux de référence de la société porteña distinguée. La Brasserie se réclame du style classique centre-européen d’époque. Les terrasses recréaient ainsi le charme traditionnel des brasseries-jardins de la ville de Munich d’antan. De nuit, l’édifice était entièrement illuminé avec ses réverbères et les vitraux reflétaient leurs couleurs à l’extérieur. Les soirs, on y venait pour danser la valse ou les autres musiques à la mode jouées par un orchestre féminin. La Brasserie possédait, de plus, une incroyable capacité de stockage, de réfrigération et de distribution de bière. Toute la décoration intérieure - vitraux, rampes, lampes, mobiliers - fut réalisée par Kalnay lui-même. Les murs extérieurs, quant à eux, toutes les sculptures et bas-reliefs évoquaient le folklore  traditionnel allemand, comme une magnifique représentation du célèbre Ocktoberfest. Les sculptures, plus impressionnantes, des façades Sud et Nord furent réalisées par le sculpteur allemand Enrique Swindsackl : 6 personnes qui soulèvent chacune une lettre qui forment le mot Munich.

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Cependant, avec la décadence de la Costanera Sur, la Brasserie Munich resta abandonné jusqu’à la fin des années 1970. En 1979, la Municipalité céda pour 20 ans le bâtiment de 5000m² à l’entreprise nationale de télécommunication ENTEL, qui le transforma en musée. L’entreprise, par le biais de Mme Kalnay, fit appel à l’architecte Rodolfo de Liechtenstein pour restaurer l’édifice. Il fut finalement restitué à la ville en février 2002 et transformé en Centre des Musées de Buenos Aires.

Le 17 Juin 2012, la Brasserie inaugura en son sein le Musée de l’humour. Le musée dispose d’une collection permanente du meilleur de l’humour graphique argentin. Le Musée de l’Humour (MuHu) est présidé par une commission de 5 pionniers du genre : Quino, Hermenegildo, Sabat, Carlos Garaycochea, Manuel Garcia Ferré et Guillermo Mordillo. Son directeur est le collectionneur Hugo Maradei qui a apporté la majorité des œuvres permanentes. En plus de l’exposition permanente, à l’inauguration du musée s’est mise en place la première exposition temporaire du musée : l’exposition « Carlos Garaycochea, l’humour en couleur » qui comptait 40 œuvres de l’artiste publiée dans El Grafico et d’autres revues. Le Muhu est ouvert de mardi à vendredi de 11h à 18h et les samedis, dimanches et jours fériés de 10h à 19h.

Photos : En haut, de nombreuses confiterias (ou cervecerias) avaient été édifiées le long de l'Avenida Costanera, comme las Brisas de la Plata (toujours existante, à gauche sur la photo) et Don Juan de Garay (à droite, démolie). En dessous la Cerveceria La Alameda, (autrefois et aujourd'hui) toujours existante et transformée en kiosco. Enfin juste au dessus, la Cerveceria Brisas del Plata aujourd'hui transformé en salon privé de fêtes.

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Photos : La cerveceria La Perla, encore abandonnée il y a quelques années, en rénovation aujourd'hui (photo juin 2012).

nullUn musée à ciel ouvert :

• La fontaine des Nereidas : élaborée en marbre de Carrara dans le style art déco, elle est traditionnellement appelée la fontaine Lola Mora, du nom de sa sculptrice. D’origine tucumane, Lola Mora, de son nom complet Dolores Candelaria Mora Vega de Hernandez, fut la première sculptrice à réaliser une œuvre publique pour la République d’Argentine. La fontaine, qui trône aujourd’hui devant l’entrée principale de la réserve, représente la naissance de Vénus. Cette sculptrice connue une vive polémique avec cette œuvre. En effet, il s’agit des premiers nus de l’époque, et qui plus est réalisés par une femme. Cette statue fut élaborée en Italie et transportée jusqu’à Buenos Aires où elle arriva en septembre 1902. Son emplacement original était prévu sur la Plaza de Mayo, en face de la Catedral Metropolitana. Cependant, à cause du son caractère provocateur, la fontaine fut déplacée à l’intersection de l’Avenue Leandro N.Alen et de la rue J.D. Peron. En 1918 elle fut de nouveau déplacée sur la Costanera Sur en face de l’entrée principale de ce qu’est aujourd’hui la Réserve Ecologique Costanera Sur.

• Le monument en hommage à l’hydravion Plus Ultra : l’hydravion Plus Ultra est célèbre pour sa traversée entre Madrid et Buenos Aires. Œuvre de l’espagnol José Lorda, il est situé sur l’ancienne jetée Plus Ultra. Pour la petite histoire, l’hydravion parti le 22 janvier 1926. Il arriva à destination le 26 février 1926, après 58 heures de vol. Le roi d’Espagne Alfonso XIII donna postérieurement l’hydravion à l’Argentine où il servit d’avion courrier. On le trouve aujourd’hui au musée Enrique Udaondo dans la ville de Lujan.

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• La statue de Luis Viale : Cette statue rappelle l’héroïsme de Luis Viale. Il était à bord de l’America quand celui sombra le 24 décembre 1871. Le bateau avait levé l’ancre de Montevideo avec 200 passagers et membres d’équipage. Cependant, à cause d’une explosion il coula. Seulement une petite dizaine de personnes survécurent. Durant ce naufrage qui survint sur le Rio del Plata, Luis Viale perdit la vie en donnant son gilet de sauvetage à Carmen Pinedo de Marco del Pont qui était alors enceinte.

• La Antena Monumental : l’Antenne Monumentale, inaugurée en 1927, est un mat orné de figures en bronze qui évoque la visite de l’Italien Umberto de Saboya (dernier roi d’Italie) en Argentine en 1924, visite durant laquelle il souligna publiquement l’hospitalité de l’Argentine. C’est le gouvernement italien qui commanda cette œuvre pour rendre hommage à l’Argentine. Le mat est orné de personnages et d’inscriptions latine et italienne. L’Antenne Monumentale fut réalisée par l’architecte italien Gaetano Moretti avec l’aide du sculpteur Castiglioni, avec lequel il avait déjà travaillé sur le Palais de Justice de Montevideo en 1925.

• Le monument en l’honneur de l’Espagne (Monumento a España) : inauguré en 1937, il commémore la colonisation de l’Argentine et l’union des deux peuples. Réalisé par l’argentin Arturo Dresco, ce monument dont la base est taillée dans un grand granite rouge présente un grand haut-relief orné de 27 personnages de la colonisation espagnole faits en bronze. C’est l’œuvre la plus connue du sculpteur argentin Arturo Dresco (1875-1961). Le monument fut commandé par la Commission du Centenaire de 1910. Sa situation dans la ville n’est pas la meilleure, surtout quand on sait qu’il devait au départ être situé au croisement de l’avenue de Mayo et 9 de Julio, à l’emplacement du monument de Don Quichotte. Quelques années avant l’inauguration de ce monument, l’Argentine reçu de l’Espagne le Monument « a la Carta Magna y las Cuatro Regiones Argentinas », celui qui est situé sur l’Avenue Libertador au croisement avec l’Avenue Sarmiento, à Palermo, et que les gens appellent simplement le Monument des Espagnols. C’est en guise de remerciement que l’Argentine décida de réaliser ce monument en hommage à l’Espagne. Ce monument retrace l’histoire de la découverte de l’Amérique jusqu’au temps du vice-royaume. Au centre se trouve Christophe Colomb, à genoux en face de la reine Isabelle La Catholique. Au-dessus, est représentée une femme âgée assise et une jeune fille debout symbolisant, respectivement, l’Espagne et l’Argentine. A droite, on trouve le religieux Martín del Barco Centenera (poète espagnol et archidiacre du Paraguay) avec Sebastián Elcano (explorateur espagnol), Jerónimo Luis de Cabrera (conquistador espagnol et fondateur de la ville de Cordoba), Domingo Martínez de Irala (conquistador espagnol, compagnon de Mendoza) y Alvar Núñez Cabeza de Vaca (explorateur espagnol). A gauche, Pedro de Mendoza, Juan de Garay (Les deux fondateurs de Buenos Aires), Sebastián Gaboto (explorateur et cartographe vénicien) et  Bartolomé de Las Casas (prêtre espagnol). Le personnage le plus curieux de cette œuvre est la femme dénudée à genoux aux pieds de De Las Casas. On peux aussi reconnaitre : Juan José Vértiz, Francisco Solano, Pedro de Cevallos, Hernando Arias de Saavedra, Fernández, Joaquín del Pino, Baltasar Hidalgo de Cisneros, Pedro Cerviño, Félix de Azara, Juan Díaz de Solís et Hernando de Magallanes. A noter que cette sculpture souleva une polémique dûe à l’inscription « A España Fecunda, Civilizadora, Eterna ».

nullLa Costenara des bidonvilles, Villa Rodrigo Bueno :

A l’extrême Sud de la Costanera, se trouve ce qu’on appelle aujourd’hui la Villa Rodrigo Bueno. C’est un bidonville non urbanisé construit sur un terre-plein. Il est limité au Nord par la Réserve Ecologique Costanera Sur. Ses premiers habitants arrivèrent dans les années 1980. Ils s’installèrent sur les décombres issus des travaux publics des années 1970 et 1980, ces mêmes décombres qui, recouverts des sédiments du fleuve et par l’action de la nature, se transformèrent en substrat pour la flore. Si on analyse de manière métaphorique la situation géographique de ce bidonville par rapport à la Réserve et surtout si on analyse la manière dont se sont créées ces deux entités, on pourrait croire que la nature a voulu recréer ironiquement une biodiversité complète. En effet, comme pour la faune et la flore, les hommes, eux-aussi, sont venu coloniser spontanément cette bande de terre laissée à l’abandon.

La Villa Rodrigo Bueno est l’endroit de Buenos Aires dont la population a le plus crut dans les années 2000 pour atteindre 1795 habitants en 2010. Le principal problème, outres les conditions de vie semblables aux autres bidonvilles de Buenos Aires, est que l’urbanisation est au niveau zéro. En effet, si en 1990 l’IRSA (Inversiones y Representaciones Sociedad Anónima), une des premières sociétés immobilières d’Argentine, rachète à la Boca Juniors les terrains occupés par la Villa Rodrigo Bueno, pour l’urbaniser, le différend qui l’oppose aujourd’hui la Municipalité de la ville, qui estime que les terrains ne remplissent pas les conditions suffisantes pour créer un nouveau quartier, empêche tout action concrète.

Vidéo : Ouverture du musée de l'humour dans l'ancienne Brasserie Munich. Juin 2012.

nullPour en savoir plus sur le sujet :

- Livre : Carlos María Toto, Leticia Maronese y Carlos Estévez (2007), Monumentos y Obras de Arte en el espacio público de la Ciudad de Buenos Aires.

- Livre : Irene Wais de Badgen, Reserva Ecológica Costanera Sur, Patrimonio Natural y Cultural de la Ciudad de Buenos Aires.

- La Nacion, article “Costanera, paseo al sur”, 10 mars 2000  http://www.lanacion.com.ar/192192-costanera-paseo-al-sur

- Clarin, article “El oculto monumento a España”, 14 mars 2011 http://www.clarin.com/capital_federal/oculto-monumento-Espana_0_443955662.html

- La Nacion, article “No es chiste, el humor tiene su museo”, 15 juin 2012 http://www.lanacion.com.ar/1482194-no-es-chiste-el-humor-tiene-su-museo

- Site de Buenos Aires http://www.museos.buenosaires.gob.ar

- Site sur le monument du Plus Ultra http://blogopinar.blogspot.com.ar/2010/02/plus-ultra.html#axzz22tUa2GFJ

- Site de photos anciennes http://www.taringa.net/posts/imagenes/5475993/Fotos-Historicas-De-Bs_-As_-_Entra-Al-Museo-Online_.html

A lire aussi dans le Petit Hergé sur le Quartier de Puerto Madero :

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