Mercredi 15 août 2012 3 15 /08 /Août /2012 01:00

Mise à jour : 12 août 2012. Article écrit par Suzanne Raucy. 

nullLe Centre Culturel Recoleta :

 

En plein cœur du quartier de Recoleta se trouve un pôle d’attraction culturelle composé du Cimetière, de l’église Notre Dame del Pilar et du Centre Culturel Recoleta, tous trois situés sur la calle Junin et faisant face à la très belle Plaza Ramón J. Carcaño (ou Plaza Francia).

Le Centre Culturel Recoleta a connu un destin différent de celui des deux autres : datant de l’époque coloniale, l’édifice qui l’abrite a été de nombreuses fois remanié et rénové. Depuis 1980, il a pour vocation d’élargir et de faciliter l’accès à la culture et à l’art contemporains au sein de la capitale argentine. Dans ce but, il propose une variété stupéfiante d’expositions temporaires, de représentations théâtrales, de concerts, et même de nombreux programmes éducatifs. C’est un lieu hétéroclite à tous points de vue qu’il vous est donné de découvrir : son architecture est un surprenant palimpseste, son offre artistique et culturelle est en constante évolution. Depuis sa création, ce lieu est voué à rendre possible l’égalité des chances : celle du libre accès à un lieu d’exposition, pour tout nouvel artiste contemporain souhaitant faire connaître son œuvre, et celle du libre accès à un patrimoine artistique et culturel, pour tous les curieux. Le Centre Culturel Recoleta n’est pourtant ni un musée ni une galerie d’art, il est bien plutôt la matérialisation d’une dynamique caractéristique de la capitale argentine, nourrie de création et d’expérimentation artistiques.

nullDes Récollets...  :

 

L’édifice qui abrite le Centre Cultural Recoleta est l’un des plus anciens que la ville ait conservé, il a rempli depuis l’époque coloniale de nombreuses fonctions et connu pour cela plusieurs rénovations et extensions.

En 1716, doña Gregoria Herrero de Hurtado fit don du terrain aux Frères Franciscains Récollets. Les architectes allemands et jésuites Juan Krauss et Juan Wolf furent chargés des plans généraux du bâtiment initial, tandis que la conception de la façade et de l’intérieur revint à l’architecte italien et jésuite J. Andrés Blanqui. La construction débuta en 1717 et prît fin en 1732 : le couvent ainsi que l’église notre Dame del Pilar, attenante, furent inaugurés le 12 octobre, jour de la Vierge del Pilar. (1 étage, 4 patios)

À partir des premières décennies du XIXe siècle, l’édifice connût de nombreux destins.

En 1815, le général Manuel Belgrano y fonda une Académie de Dessin, dirigée par le père Francisco de Paula Castañeda (18 élèves). Plus tard, l’édifice entier fût cédé au Consulat de Buenos Aires. Il fut par la suite successivement école d’agriculture, jardin botanique, prison, quartier militaire.

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null….à Juan Antonio Buschiazzo, architecte de l’Asile des Mendiants :

 

En 1858, l’ensemble s’agrandit et perd sa physionomie monastique, un premier étage y est ajouté pour y placer un refuge pour les plus démunis « Asilo de Mendigos, Gouverneur Viamonte » (appelé ensuite Asilo de Invalidos quand il passa aux mains de la Municipalité Les travaux débutent le 17 octobre 1858. Des parties sont démolies, d’autres sont dressés et il est très difficile d’imaginer comment devaient être le plan original du temps des récollets. Ce lieu restera asile jusqu’en 1935.

Toute juste sorti avec son titre d’architecte (en 1878), l’architecte-ingénieur Giovanni (ou Juan) Antonio Buschiazzo fût chargé (puis avec son fils Juan Carlos) à partir du 14 février 1880 de la grande rénovation du couvent selon les principes hygiénistes de l’époque : en effet, cette partie de la ville était une étape cruciale du plan urbain d’assainissement et d’embellissement initié par le premier Président de la commission municipale en 1880 (charge devenant Intendant de Buenos Aires en 1883), Torcuato de Alvear. Juan Antonio Buschiazzo est alors âgé de 35 ans et vient de recevoir le titre de « Ingénieur Municipal ». il va à travers l’Argentine, dessiner de très nombreux projets de bâtiments officiels, hôtels particuliers, prisons, immeubles, tracés d’avenues etc…Mais sa principale œuvre (qui va l’occuper jusqu’à sa mort) est cet asilo de Mendigo. Entre 1880 et 1882, il va aménager aussi devant l’asile, ce qui se nommera le Paseo Recoleta qui se nomme aujourd’hui Plaza Francia qui comportera sur le modèle des Buttes Chaumont, de cascades et de grottes artificielles. Enfin tout à coté il va construire le portique d’entrée du Cimetière de Recoleta et le tracé des nouvelles allés. Un autre de ses projets est connu, il s’agit de la réunification de la Plaza de Mayo en 1883.

nullEntre 1880 et 1885, sont menés les plus gros travaux, dont ceux de la construction  de la chapelle néogothique, aujourd’hui réaménagée en Auditorium El Aleph, ainsi que divers pavillons, aujourd’hui détruits, et les façades de style italianisant.

Jusqu’en 1907, date à laquelle l’asile passe de l’administration de la ville à celle de l’Etat, Juan Antonio Buschiazzo va assurer les travaux de l’asile, (il décédera en 1917) ensuite Juan Carlos Buschiazzo continuera les agencements et ceci jusqu’en 1935, ou sont construites deux galeries.

En 1948, ce bâtiment fut classé « monument historique national » afin de promouvoir sa conservation. Jusqu’en 1978, ses murs abritèrent une maison de retraite appelée Hogar Viamonte.

En 1979, à l’occasion du quatrième centenaire de la fondation de la ville, la municipalité céda cet édifice au Secrétariat de la Culture de la ville, qui décida d’en faire un centre culturel.

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nullLa création du Centro Cultural Recoleta et son évolution perpétuelle :

 

C’est en effet en 1979 qu’est né le projet de transformer ce lieu en centre culturel : sa réalisation fût confiée aux architectes et artistes Jacques Bedel, Luis F. Benedit et Clorindo Testa, qui souhaitèrent remodeler l’édifice endommagé par le temps, dans un style tout à fait contemporain. L’ancien couvent, composé de cinq patios (patios del Tanque, del Aljibe, de la Fuente, de los Naranjos, et un autre qui leur est perpendiculaire, le patio del Tilo) successifs entourés de cellules monastiques, fut restauré, tandis que l’autre côté, composé de pavillons datant de la fin du XIXe siècle et de la chapelle néogothique connût un autre sort. Les anciens pavillons furent détruits (il n’en subsiste que quelques murs en briques ornés de plaques indiquant les noms des principaux donateurs de la fin du XIXe siècle), une grande terrasse donnant sur la plaza Alvear fût ainsi dégagée, et le Patio del Tilo devint en 2008 un passage public menant de Junin à la calle Azcuénaga (ouvert tous les jours de 10h à 21h), que surplombent des passerelles métalliques joignant les anciens et nouveaux bâtiments, et des escaliers permettant l’accès aux étages supérieurs du Centre. 

nullLe centre culturel fût inauguré en décembre 1980 sous le nom de Centro Cultural Ciudad de Buenos Aires (qui fût modifié en 1990), mais ne commençât à se développer que sous la direction de Osvaldo Giesso (1983-1989). Le choix a été fait de souligner les différentes époques de construction du Centre en peignant les bâtiments en blanc (couvent), rouge (façades et chapelle néogothique), ocre (bâtiments fonctionnels ajoutés depuis 1880) et bleu ciel (Buenos Aires Design). Le Centre culturel Recoleta dispose d’une superficie totale de 18800 m2, correspondant respectivement aux salles d’exposition 2831 m2, salles de spectacle 1602 m2, patios et terrasses 6512 m2.

Depuis son ouverture le Centre Culturel Recoleta n’a cessé d’être modifié, rénové afin d’accueillir au mieux les 115 000 visiteurs mensuels, chaque année plus nombreux: en 2005, à l’occasion de la célébration de son 25e anniversaire, d’autres modifications furent apportées, financées par le BID (Banco Interamericano de Desarrollo) et des fonds privés, et une exposition portant sur les travaux des trois architectes fût organisée. En août 2001, une nouvelle salle de spectacle fût ouverte au public, haute de 12 mètres : la construction de la salle Villa Villa a été financée par De La Guarda, une troupe de théâtre ayant fait ses débuts au CCR en 1995 (avec une pièce appelée Período Villa Villa, représentée dans le Patio del Tanque). Lors des festivités proposées pour les trente ans du CCR, en 2010, le chapelle fût réinaugurée, après la rénovation de sa coupole et de ses fresques intérieures datant de 1906 (de Francisco Paolo Parisi): elle accueille désormais diverses représentations théâtrales et de nombreux concerts, et a été renommée Auditorium EL Aleph en hommage à Jorge Luis Borges.

En 2003, Buenos Aires Design ouvrit ses portes, à la fois comme centre de convention et de spectacle, situé à l’arrière du CCR et dont Clorindo Testa mena également le projet, comprenant également un Auditorium, un Hard Rock Café et un restaurant gastronomique dont les terrasses donnent sur la plaza Alvear.

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Vidéo : Centro Cultural Recoleta. Video de Liberamedia. Février 2011. 6 mn 19 s.  

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Le Centre Culturel Recoleta forme de fait un ensemble architectural surprenant, aux couleurs vives et audacieuses. Il est cependant assez bien intégré au paysage urbain  et plus particulièrement à cette plaza Francia où se tient un marché d’artisanat, et qui regroupe le cimetière de Recoleta, l’église Notre Dame del Pilar et le CCR, qui forment à eux trois un pôle d’attraction culturelle et touristique.

Si le CCR est très hétéroclite d’un point de vue architectural, son offre culturelle et artistique semble l’être tout autant, et sa richesse et son ouverture lui vaut souvent la qualification par les porteños de « centre Pompidou » national.

nullNi musée ni galerie d’art, ce centre culturel n’est pas un musée : tous les arts y sont librement représentés :

 

Le Centre culturel Recoleta n’est pas un musée : vous n’y trouverez pas de collections permanentes, ce qui n’est en aucun cas contradictoire avec sa qualité de lieu de référence culturelle au sein de la capitale argentine. La volonté initiale était de promouvoir l’expérimentation artistique, dans son hétérogénéité et sa diversité : en moyenne, 180 expositions, 400 représentations de théâtre expérimental et concerts, de nombreux séminaires, conférences, présentations de livres et enseignements artistiques y sont organisés chaque année. Son ambition est de permettre à des artistes contemporains « d’avant-garde » de pouvoir faire connaître leur œuvre : pour cela, un système de rotation des expositions a été mis en place, et afin d’optimiser l’accès aux salles pour les nouveaux artistes, un délai de quatre ans est nécessaire entre chaque exposition ou représentation. Ce qui permet à presque 300 artistes d’y être présents chaque année.

La variété et la qualité de l’offre artistique et culturelle semblent avoir été sans cesse améliorées depuis les débuts du centre. Il est défini comme un lieu de rencontre entre le patrimoine architectural et les nouvelles tendances de l’art et de la culture contemporains. Tous les arts y sont représentés.

Cinéma : Au premier étage, vous trouverez le Microcine, construit grâce à des fonds levés par l’Association des Amis du CCR et où sont projetés des films argentins et internationaux, qui sert aussi de salle de conférence.

null« Arts visuels » : Il est impossible d’anticiper sur ce qu’il vous sera donné de voir dans les 18 salles d’exposition (sala Cronopios, sala J (Julio) y C (Cortázar), sala Prometeus, etc) : l’expérimentation artistique étant ici un principe fondamental, elle est déclinée sous toutes les formes, dans la grande catégorie que le CCR qualifie littéralement « d’arts visuels ». Il est donc difficile de décrire ces salles au futur visiteur, si ce n’est par l’impression particulière que peut dégager l’art contemporain pour les plus réticents, faite de bizarrerie et finalement de conformisme tout à la fois, dont on ne peut parfois louer que la totale liberté d’expérimentation et d’expression. Un Laboratoire de Photographie complète cette catégorie.

Musique : Le CCR dispose d’un Laboratoire de Recherche et de Production Musicale (dont l’acronyme argentin est LIPM) géré par la Fondation Musique et Technologie : les installations sont modernes (et vantées comme uniques en Amérique Latine), dédiées là aussi à l’expérimentation musicale : création, recherche, enseignement, diffusion.

Arts de la scène : Plusieurs salles de spectacles leur sont dédiées : en premier lieu l’Auditorium El Aleph, dans la chapelle néogothique de la fin du XIXe siècle. Il accueille de nombreux concerts dont la programmation est variée : musique folklorique ou classique, électronique et expérimentale. ------ La terrasse est ponctuellement un lieu de représentation : une scène y est installée, elle est vaste et peut rassembler ------- personnes. C’est le lieu privilégié des festivals (comme Ciudad Emergente par exemple).  La salle Villa Villa, dont il a été question précédemment, l’est également, elle peut accueillir 600 spectateurs.

Documentation : Le Centre de Documentation, de Recherche et de Publication (le CeDIP en argentin) réunit les archives, la bibliothèque, et a pour vocation de mettre à disposition du public et de la recherche des fiches explicatives des expositions, les dossiers des séminaires et conférences, et la revue Transvisual qui condense l’intense activité culturelle du CCR.

 

Si le CCR n’est de fait pas un musée, et son actuel directeur, Claudio Massetti, tient également à préciser que ce n’est pas une galerie d’art, l’idée étant de promouvoir l’art « pour son contenu intrinsèque et non pour sa valeur marchande ». L’avant-garde culturelle porteña et argentine a ainsi toujours été privilégiée, mais certains diront que celle-ci a été quelque peu sacrifiée au profit d’artistes contemporains internationaux déjà reconnus, que le CCR est en quelque sorte victime de son succès.

Vidéo : Inauguration de "Sinestesia" en août 2012. 1 mn 13 s.

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nullRendre l’art accessible et vocation éducative :

 

La fréquentation annuelle du CCR est officiellement évaluée à 2.000.000 de visiteurs : quelle que soit la réalité de cette mesure, il est indéniable que l’objectif visé, augmenter le nombre  de visiteurs, est atteint. Les heures de visites ont été allongées et le centre n’est plus fermé le lundi. En outre, l’entrée en est libre et gratuite : c’est tout à fait cohérent avec la volonté initiale de garantir l’accès aux biens et services culturels.

Au-delà de cette ouverture, le CCR a une vocation éducative affirmée : chaque année sont proposés de nombreux cours et ateliers, tant pour les enfants et les jeunes que pour les adultes. Cette liste comprend notamment les « arts visuels », audiovisuels, la littérature et le théâtre. Le programme « Arte para Chicos » est explicitement destinés aux enfants, aux groupes scolaires de maternelle, de primaire, et a pour ambition d’éveiller la sensibilité artistique et le regard critique par le jeu et la création. En outre, tous les mercredis après midi ont lieu des concerts réservés aux enfants dans l’Auditorium El Aleph. (Pour les classes supérieures, des visites guidées participatives sont organisées.)

Le CCR profite d’une convention entre le Ministère de la Culture du Gouvernement de la ville de Buenos Aires et l’université Maimónides, qui y dispense des cours de musique et y délivre une licence.

Présent depuis les débuts du centre, le Musée Participatif de Sciences, ingénieusement nommé « Prohibido no tocar », vise à rendre ludique l’apprentissage de principes scientifiques. Des salles appelées Musique, Mécanique, Perception, Ondes et Sons, Forces de la Nature, Mathématiques etc, des démonstrations notamment de chimie en sont l’apanage.

nullLes conseils du Petit Hergé :

 

Toute visite de Buenos Aires, passe impérativement par le quartier de Recoleta. Certains visiteurs y passent et ne s’arrêtent que dans le cimetière, pourtant l’ensemble est composé de 4 parties bien distinctes et qui valent chacune une visite. Le cimetière en lui-même, l’église Nuestra Señora del Pilar, le centre culturel Recoleta et enfin le Buenos Aires design se trouvant sous le centre culturel. Des époques bien particulières, mêlant l’art sacré au design moderne et le tout dans un espace autrefois occupé par les Récollets. Le Centre Culturel vaut la visite, il y a toujours des expos temporaires intéressantes même si vous n’êtes pas amateur d’art moderne, voir post moderne. Une sorte de pendant de ce que vous pourrez découvrir au musée Malba.

Fiche technique :

El Centro Cultural Recoleta : Calle Junín 1930 (C.P. 1113) à Buenos Aires
Horaires d'ouverture : Du lundi au vendredi de 14h à 21h et Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 21h.                   

Tel.: 4803.1040 ou 4807.3260

Bus: 10, 17, 38, 61, 62, 59, 67, 92, 93, 101, 102, 110, 124, 130.

Entrée : L’entrée est libre et gratuite pour toutes les expositions, le centre de documentation, le Microcine et pour un grand nombre de spectacles, concerts et représentations théâtrales (notamment celles dédiées aux enfants). L’entrée du Musée Participatif des Sciences est payant ($16 à partir de 4 ans) (Août 2012)

Pour en savoir plus :

Sur l’histoire de l’édifice : http://www.danielschavelzon.com.ar/?p=1008

   http://www.pagina12.com.ar/1999/99-02/99-02-23/pag25.htm

 www.cribasa.com.ar/obras.php?obraId=33

Sur le restaurant de Buenos Aires Design : http://www.lanacion.com.ar/494231-en-recoleta-nuevo-espacio-cultural-y-gastronomico

A lire aussi dans le Petit Herge :

 - Les musées de Buenos Aires : Combien y a-t-il de musées à Buenos Aires ? Très difficile à dire ! Une bonne centaine, je ne me suis jamais amusé à les répertorier tous. De plus ils ouvrent et ferment en fonction des sursauts politiques de la ville et du pays, ou s’agrandissent ou déménagent quand on réhabilite un quartier ou un bâtiment historique. La grande majorité des musées sont privés, puis suivent ceux appartenant à la Nation puis enfin la ville de Buenos Aires ne gérant qu’une dizaine d’entre eux...(Lire la suite)

 

- Musée d'art espagnol de Buenos Aires : Situé au centre du quartier de Belgrano à Buenos Aires, le Musée d’Art Espagnol Enrique Larreta est un espace à part à Buenos Aires. Cette demeure fut la résidence d’Enrique Larreta, homme politique et écrivain argentin du début du XXème siècle. Ce fut aussi un collectionneur passionné par l’Espagne et qui a rapporté de ces voyages en Europe sa collection d’œuvres espagnoles, datant du Moyen-Âge jusqu’au XXème siècle...(Lire la suite).

Par Le Petit Hergé - Publié dans : 02 - Tourisme - Communauté : Argentine pour tous !
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