26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 10:00

Mise à jour : 26 décembre 2011.

Il était une fois en Amérique :  

Imaginez une des rues les plus chères en terme de valeur locative ou s’alignent les magasins de luxe, vêtement, souvenirs touristiques, bars et bureaux en étage. Cette rue c’est La Calle Florida en plein cœur de la City Porteña et s’étendant la dans le quartier de Retiro jusqu’à la très chic place San martin. Les milliers de piétons qui traversent toutes les 2 minutes la diagonale Norte pour s’engouffrer dans l’étroite rue piétonne la plus célèbre d’Argentine se sont habitués au fil des mois à faire du slalom entre les vendeurs à la sauvette (qui ne se sauvent plus). On les nomme les manteros (de manta = couverture), ils arrivent le matin, déplient une couverture et offre au public mil et un articles soit disant artisanaux « made in china » au premier des passants.

Les manteros envahissent le quartier :

 

On avait trouvé ça original, lorsqu’il n’y en avait que quelques dizaines sur la petite portion comprise entre Avenida de Mayo et Diagonal Norte dans les années 2007-2008, puis au fil des mois, ils se sont étendus sur la calle Peru jusqu’à diagonal Sur, et de l’autre coté sur toute la portion de Florida comprise entre diagonal Norte et avenida Corrientes…. Et enfin en 2010, ils s’aventurent de l’autre coté de l’avenida Corrientes pour envahir la chaussée encore plus luxueuse de la Florida pour s’étaler jusqu’aux portes de Galeria Pacifico sur l’avenida Cordoba !

Alors quand c’est trop c’est trop ! D’une part on arrive à circuler (à pied) de plus en plus difficilement, et puis le coté « luxe et prestige » de la calle Florida en prend un coup ! Imaginez une armée de boliviens, péruviens et autres villeros (des bidonvilles) surnommés péjorativement « negros » par les argentins déboulent avec couvertures, pour vendre slips, chausettes, T-shirt, matés pour brésiliens, et jouets en plastique, cela fait tache ! On croirait débarqués tout droit de la Plaza Miserere du Once une ribambelle de guenilleux venant squatter la chaussée dorée de la Florida pour revendre leurs brics et brocs chinesques achetés deux pesos dans les supermarchés des imports chinois des calles Paso et Peron !  Mon Dieu ! La plèbe envahit les beaux quartiers !

Video : Sans commentaire, la calle Florida de Buenos Aires.

Réaction des commerçants :

Quand on paye le m2 de boutique sur Florida proche du prix de celui de l’avenue Montaigne à Paris, on est en droit d’attendre que cette même avenue ne soit pas le théâtre d’un déballage sur couvertures de statuettes africaines et autres babioles de boudas se grattant le nombril. On imagine mal le Triangle d’or du 8ème  arrondissement de Paris occupé par les revendeurs de tout poil de produits provenant de la place d’Italie. Les flics et autres CRS de la zone sifflotant le nez en l’air et s’amusant avec leur Tetris de leur portable et laissant grouiller et négocier sous leurs yeux des produits des plus représentatifs de ce qui est l’artisanat chino-parisien. Eh bien ici à Buenos Aires : Si ! Les commerçants qui payent donc une fortune leur 20 ou 30 m2 sur la rue, payant des impôts, une location, la TVA et autres impôts à la DGI ont du mal à comprendre cette concurrence déloyale.

Pour une fois je ne jetterai pas la pierre à notre Kastafiore national, mais plutôt au président de la ville de Buenos Aires qui laisse faire, je parle de Mauricio Macri, président de la ville, disposant d’une police municipale que l’on retrouve plus souvent à vous faire souffler dans le ballon (ce qui est aussi nécessaire) qu’a constater dans le micro centre l’invasion des chino-boliviens. Mais pourquoi laisse-t’il faire ? Mystère et boule zen !

Ne soyons pas naifs, les manteros appartiennent tous à des réseaux mafieux boliviens ou péruviens qui organisent les ventes dans les rues. 

La négociation :

Macri négocie, il est très fort pour ça (d’ailleurs c’est pour ca qu’il fait de la politique), dans un premier temps, il a autorisé les « vrais artisans », les hippies, ceux qui passent leur journée à réaliser colliers de perles plastiques, bracelets cuir, écharpes odeur patchouli, ils ont la vingtaine ou vingtaine attardé (Ca va de 30 jusqu’à 40 ans) et s’habillent comme nos hippies européens de mai 68. Une sorte de seconde vague hippesque, un renouveau du genre, eux les argentins qui n’ont pas pour raison « Videla » connu les joies des cheveux longs, jeans velours colorés et sabots en bois des années 70, peuvent en ces années 2010 vivre 40 après les mêmes recherches spirituelles et communautaires. Bref, seule une pointe de modernisme dans leur coiffure les démarquent de nos ancêtre en leur faisant adopter la coiffure afro jamaïcaine et ses dreadlocks, mais pour le reste, y compris la philosophie de vie, le hippie argentin 2010 = le hippie européens 1970. Bref… revenons à nos bracelet. Donc Macri, grand négociateur a donné l’autorisation aux hippies de vendre (donc sans facture, sans TVA, sans impôts… normal, puisqu’ils sont contre l’ordre établi mais tirant quand même subsistance du système capitaliste commercial) leurs objets d’art sur la portion de la Calle Peru entre Avenida de Mayo et Diagonal Sud. Jusque là tout allait bien.

Puis un ou deux mirent le pied sur la première cuadra de Peru puis de Florida entre Avenida de Mayo et Diagonal Norte, qui précédèrent d’autres sentant que plus de piétons devant leurs colliers signifiaient en terme « hippie-capitaliste » bonnement plus de fric.  Quelques grincements, quelques déclarations de Macri expliquant déjà aux propriétaires des magasins que c’était un atout et pouvait même attirer encore plus de touristes brésiliens en manque d’authenticité. Nous arrivions donc à un statu quo de 3 cuadras occupées par des hippies artisans surveillés de près par les gérants des boutiques.

Photo : Petit accrochage entre Policia Fedral et artisans hippies sur la calle Peru.

Vidéo : En juillet 2011, la police métropolitaine intervient dans un dépot de l'avenida Santa Fe (tres chic) ou sont stockés tous les produits qui ont ensuite vendus à la sauvette par les réseaux mafieux péruviens et boliviens dans la calle Florida. Sur le film à 2mn 16, arrivent les boliviens qui veulent recuperer leurs marchandises et s'affrontent à la police.

L’arrivée des boliviens et des péruviens :

L’avenida Puyerredon dans le quartier de Once est le haut lieu de toute importation orientale de produits allant de la cosmétique à la décoration en passant par les ustensiles de cuisine et les jouets. De plus Once étant depuis près d’un siècle l’usine a vêtements de toute la république argentine, on peut donc y mêler tous les produits de l’industrie textile. On décharge jour et nuit des containers entiers de rouleaux de tissus provenant de Canton ou de la province de Guangdong pour les monter à l’étage ou des centaines de petites mains boliviennes se chargeront de les transformer en ce qu’il faut (jeans, robe, layette, veste et autres …). Ces produits vous les trouvez ensuite partout, c’est aussi ce qui alimente toutes les boutiques chics des shoppings ou des quartiers de luxe. Ne croyez surtout pas les étiquettes de prix des boutiques de l’avenida Alvear, Santa Fe ou Patio Bullrich. Vous trouverez les mêmes produits dans le Once dix fois moins chers. On vient dans le Once de toute l’Argentine pour acheter en gros ou au détail, amis encore fait il le savoir… les touristes ne le savent pas ! Alors pourquoi ne pas déplacer ces textiles directement là où sont les touristes à haut pouvoir d’achat, c'est-à-dire la calle Florida ?  Les boliviens étant déjà bien implanté dans la vente ambulante et ayant toutes les connections qu’il faut avec les ateliers du Once, aussi vite dit, aussi vite fait ! Si un hippie a le droit de vendre au noir à la barbe de tous avec la bénédiction de Macri sa marchandise, pourquoi le bolivien ne le ferait pas non plus avec ce que ces compatriotes se crèvent à faire 24h sur 24h dans les ateliers du Once et de Flores ?

Le hic c’est que le bolivien vend exactement les mêmes produits que l’on trouvait déjà dans les boutiques Montagne, Bianca Secret, Macoweens, dans les grands magasins Falabella ou dans la Galeria Pacifico.  Et là ça dérange !

Concurrence déloyale :

 

En effet, pourquoi continuer à payer une location hors de prix, payer ses impôts, les salaires si devant sa propre vitrine, le bolivien débarque avec la même marchandise (qui a même des chances de sortir du même atelier). Manifestations des gérants de boutiques de la calle Florida, pétitions auprès de la présidence de la Ville, lettre ouverte a Macri, l’Association des amis de la calle Florida est aussi intervenu, mais rien n’y fait ! Les manteros sont tranquilles en pleine rue, en plein jour, aux yeux de tout le monde, et continuent à vaquer a vendre a tour de bras sans aucune facture et toujours tout au noir !

Du coté des autorités, aucune intervention … on ignore, à se demander pourquoi sont ils tous devenus tant aveugle !  La AFIP (fisc) ne sait rien, ne voit rien… La Federal (police nationale, donc de Kirchner) n’est au courant de rien et déclare que ce n’est pas de son ressort, enfin la Metropolitaine (la police municipale de Macri) n’intervient pas non plus ! On laisse faire, on laisse la situation se dégrader, l’espace public est envahi, les manteros se partage l’espace, les boutiques entre en guerre !

Vidéo : Cette fois ci c'est en mars 2011, que la police de la ville de Buenos Aires met main sur tout un stok de marchandise dans le quartier de la Nueva Pompeya à Buenos Aires tenu par la mafia peruvienne. Apres quelques minutes d'intervention, les peruviens attaquent les forces de l'ordre pour recuperer leurs marchandises.

A y regarder d'un peu plus près, on s'apperçoit que le probleme de la calle Florida est bien plus vaste et que le milieu peruvien controle maintenant la vente ambulante sur la ville.

Réaction des boutiques et des commerçants :

 

Apres avoir essayé toutes les solutions légales (pour régler un problème illégal), les commerçants à partir du mois de novembre 2011 ont commencé par couper à plusieurs reprises, soudainement pendant plusieurs minutes) la circulation sur l’avenue Corrientes. Histoire de mettre le souk au milieu du leur. Manière aussi d’attirer les médias et de souligner l’inaction des autorités. Ce qui est incroyable en Argentine est la force de ces habitants (et donc de son gouvernement)  à ne jamais régler un problème lorsqu’il est encore simple, mais de le laisser dégénérer pour qu’une fois qu’il devienne incontrôlable, on puisse soupirer, regretter et parler de fatalité face ensuite un monstre insurmontable. (cf. les villas miserias).

Puis, s’apercevant que les coupures d’avenue n’attiraient pas non plus ni les autorités de la Ville, ni de l’Etat, les commerçants décidèrent de passer à l’action en combattant le problème sur son propre terrain, à savoir : s’installer aussi dans la rue face à leurs propres boutiques et vendre aussi à la sauvette sur des tréteaux et sans aucune facture leurs produits. Si les boliviens le font à la vue de tout le monde, pourquoi les commerçants légaux ne devraient pas pouvoir aussi s’installer en toute illégalité dans la rue ?

Depuis donc mardi 20 décembre et pour la période des fêtes, ils envahissent aussi à leur tour la rue piétonne !  Etonnant non ?

  

Photo : Devant Zara dans la calle Florida, à droite les couvertires des manteros boliviens, à gauche sous les parasols les commerçants légaux qui envahissent à leur tour la rue. Difficile de se frayer un chemin sur le peu de m2 qui restent.

Quand les vendeurs légaux gênent les vendeurs illégaux.

 

C’est Ubuesque ! Voilà la calle Florida déjà encombrée par des centaines de Manteros qui ont du céder quelques mètres carrés de pavés devant l’arrivée d’une cinquantaine de commerçants exposant leurs produits et les vendant la plus pure illégalité. J’aurais aimé voir les illégaux porter plainte pour concurrence déloyale face aux commerçants, mais il n’en fut rien ! ;-)

Qu’a fait la Ville de Buenos Aires mardi ? Rien !

Le mardi, comme les manteros arrivèrent vers 11h, les commerçants avaient pris leurs places dès 09h. C’est pour cela que le lendemain,  le mercredi 21 décembre, les manteros arrivèrent à 07h du matin pour déjà réserver leurs espaces, à 09h quelques bousculades avec les commerçants qui ouvrent boutique et qui veulent repousser les manteros ! Qu’a fait la Ville de Buenos Aires le mercredi ? Rien !

Jeudi 22, ça devient plus chaud (au soleil aussi)….. une sorte d’ambiance village d’Astérix contre le camp de babaorum, un face à face à quelques centimètres les uns des autres, les commerçants contre les manteros ! Qu’a fait la Ville de Buenos Aires le jeudi ? Rien !

Macri annonce enfin que le problème sera réglé le 15 janvier 2012 et demandera aux manteros de déménager ! Pourquoi le 15 janvier ? Et de déménager ou ? Attention les hippies sont aussi vigilants et n’accepteront pas d’avoir les boliviens sur leurs 3 cuadras !

Les boutiques et les commerçants ont cassé les prix et offrent aujourd’hui sur leurs tréteaux les mêmes produits que les illégaux ! C’est que les boliviens, ne vendant qu’aux touristes (pour ne pas dire qu’aux touristes brésiliens qui n’ont aucune notion des prix) ont vite compris que le T-Shirt vendu à 10 pesos dans le Once pouvait se vendre à 15 pesos comme des petits pains sur Florida. Puis, le gain de l’argent vite fait étant un concept que l’humain acquiert rapidement, un bolivien comprend ensuite que ce qui est vendu à 15 pesos, peut aussi se vendre à 20 puis à 25 ! C’est ce qu’on appelle de l’inflation. Les commerçants des boutiques en sortant dans la rue (et ne payant plus d’impôt) ont pu baisser les prix de leur T-Shirt (vendus alors 30 pesos en boutique) et passer à 15 pesos. C’est ce qu’on appelle de la déflation.

Voila donc en ce moment, un exemple in vivo de ce que le capitalisme peut faire, arriver à rendre illégal le légal en arrivant même à baisser les prix et concurrencer les illégaux qui vendent trop chers et qui sont dans la situation de devoir à leur tour baisser les prix ce qui apporte le problème de savoir où se trouve la rentabilité d’être même illégal !  Car si le marché formel aujourd’hui poussé a devenir illégal devient moins cher que le propre marché illégal, que vont devenir les vendeurs boliviens illégaux ?

Le bolivien ou le péruvien devra t’il baisser son T-Shirt de 25 à 15 pesos ? Où même le passer à 14 ?

On nage en ce moment dans la zone du micro centre et sur la calle Florida en pleine affaire argentino-peruvienne ! Vous aurez compris, lorsque vous viendrez à Buenos Aires, n'achetez rien dans la rue ! Vous ne ferez qu'alimenter les caisses de certianes mafias !

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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Paddy 28/12/2011 10:56


"Ce qui est incroyabke en Argentine est la force des ses habitants (et donc de son gouvernement) à ne jamais régler un problème lorsqu'il es encore simple, mais de le laisser dégénérer pour
qu'une fois qu'il devienne incontrôlable, on puisse soupirer, regretter et parler de fatalité face ensuite à un monstre insurmontable". Constat plein d'acuité, et qui rappelle un pays européen où
il va y avoir des élections bientôt.
En somme, les beaux magasins du triangle d'or portègne vendent la même camelote que ce qui se vend devant chez eux dans la rue. Un air connu chez nous aussi, on a même eu droit à des reportages
là-dessus, les magasins "à marques" vendant des produits qu'on peut trouver sans marque, en cherchant un peu, pour beaucoup moins cher. Un des principes bien compris du capitalisme : vendre et
revendre un produit en en faisant culbuter le prix à chaque fois, jusqu'à ce que le dernier crétin, qui n'en a ni besoin ni utilité et en retire juste le plaisir éphémère de posséder, paie
l'addition finale.

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