17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 18:11

Mise à jour : 17 octobre 2011. Article écrit par Laurence Hilleret.

Pour connaitre tous les résultats des élections présidentielles argentines, législatives, sénatoriales et des gouverneurs du 23 octobre 2011 : Cliquez ici.

Alberto Rodriguez Saa :

 

Figure de petit joueur dans la cour des « grands candidats à la présidence » que sont Duhalde, Kirchner et Alfonsin, gouverneur remarqué de la province à succès de San Luis, issu d’une famille très politisée et très présente, mais qui est vraiment Alberto Rodriguez Saa ? Lumière sur un homme qui propose son modèle « puntano » à l’ensemble du pays !

Lire ensuite article sur Son Programme.

Origine et cursus :

 

Alberto Rodriguez Saa naît en juillet 1949 au sein d’une puissante, riche et ancienne famille de propriétaires terriens de la province de San Luiz. Dans ses ancêtres, on compte notamment le révolutionnaire Juan Saa, une figure importante du XIXème siècle.

 Il vint à Buenos Aires pour y faire des études afin de devenir avocat et procureur à la faculté de droit et sciences sociales où il obtient son diplôme en 1974. Il se spécialise ensuite en droit constitutionnel à l’université de Salamanque en Espagne.

 De 1983 à 1994, il est sénateur de la province de San Luiz. Au cours de son mandat, il a notamment voté contre La Loi du Point Final et contre le projet du gouvernement de réformé la constitution nationale.

Il a publié de nombreux textes notamment sur la politique nationale mais aussi sur San Luis et dispenser beaucoup de conférences sur les mêmes thèmes.

En 2000, il est élu Sénateur national et vote contre la « Loi Banelco ».

Vidéo : Spot Elections Rodriguez Saa 2011.

 

Gouverneur de la province de San Luis :

A.R. Saa est gouverneur de la province de San Luis depuis 2003 (réélu en 2007 avec plus de 80% des voix) comme son grand-père, son grand-oncle et son propre frère avant lui.

Cependant, si cet enchaînement de Saa au poste de gouverneur peut inquiéter, il convient de noter que A.R. Saa a promu un amendement visant à limiter le nombre de mandats possibles au poste de gouverneur de la province de San Luis.

 

Son frère, Adolfo, fut gouverneur de la même province de San Luis de 1983 jusqu’à 2001. En 2001, après les émeutes et la démission du président, il fut élu Président de la République, rôle qu’il exerça durant une semaine.

Les deux frères font sécession avec le PJ des Kirchner :

 

« El Adolfo y El Alberto » sont membres du Parti Justicialiste (PJ), c’est-à-dire membre du mouvement péronistes argentin, au même titre que Kirchner et Duhalde.  Cependant, les frères Rodriguez Saa, ainsi que Menem ou encore Ramon Puerta ont formé un parti dissident au sein même du parti justicialiste, le Frente Justicia, Union y Libertad (FREJULI) qui se veut opposé au Kirchnérisme et incarnant l’orthodoxie libérale « de droite », sorte de péronisme fédéral.

 Lors des élections de 2007,Alberto Rodriguez Saa était le candidat à la présidentielle de l’Alliance Frente Justice Union et Liberté (Alianza Frente Justicia Union y Libertad), FREJULI où il obtint plus d’un million quatre cents mille votes. Cette année, il se représente à la présidence sous le slogan « Un autre pays est possible ».

Photo : Adolfo à gauche et Alberto à droite.

Vidéo : Spot Campagne 2011 Alberto Rodriguez Saa.

Accomplissements et résultats en tant que Gouverneur de la Province de San Luis :

 

Au niveau de sa province, il a mis en place une politique sociale de « Zéro bidonville » très efficace. En effet, des logements types HLM sont loués aux familles pauvres mais le système leur permet ensuite dans devenir propriétaire. Il souhaite d’ailleurs appliquer cette politique au niveau national s’il est élu à la présidence. En réalité, s’il est élu, il souhaite appliquer les politiques reconnues de la province de San Luis au niveau national. En effet, la province de San Luis a été élue pour la dix-septième année consécutive « Province la mieux dirigée » par des consultants privés, en terme d’efficacité de la politique de taxes et d’impôts, en terme d’indicateurs sociaux, d’infrastructures et de commerce international. Par ailleurs, en 2011, il a lui-même été reconnu « Ambassadeur mondial de la paix » par l’Organisation Mondiale pour la Paix, distinction visant à saluer notamment son « Plan de Inclusion Social », sa lutte pour la non-prolifération du nucléaire, pour une « province-providence » mais aussi pour tous ses programmes respectueux de l’environnement et supporters d’un développement durable (pour lesquels il reçu de nombreux prix, notamment par le Programme environnemental des Nations-Unis).

Photo : Une ville nouvelle de la Punta sortie de terre à partir de 2001. Logement social, plus un seul bidonville dans la province. 

Logement, éducation et infrastructures :

 

Au sein de la province de San Luis, les résultats de sa politique peuvent se mesurer à plusieurs niveaux : mise en place d’une économie ouverte et à l’écoute des revendications sociales, taux de chômage de 1,9% (un des plus bas d’Argentine), construction de 56 000 logements, diminution de la mortalité infantile de moitié par rapport au niveau national et surtout le  « Plan de Inclusion Social » (sorte de RSA local).

Au niveau éducatif, tous les établissements sont équipés en nouvelles technologies et les élèves se voient attribuer des ordinateurs et pas seulement les élèves du secondaires comme l’a fait Cristina Kirchner au niveau national car, selon Saa « eux sont en âge de voter ». 

Au niveau des infrastructures, 34% des autoroutes du pays se trouvent dans la seule province de San Luis, d’autres autoroutes sont  en construction pour relier les villes de la province. En effet, malgré le nombre relativement faible de voitures dans la province de San Luis, il y a énormément d’autoroutes, souvent illuminées mais aussi souvent vides. Ce sont surtout des camions qui y circulent. En effet, la province de San Luis se situe à mi-chemin entre Buenos Aires et Mendoza/Santiago du Chile. Saa souhaite ainsi développer les infrastructures afin que les routes deviennent commerciales et participent au développement de sa région. D’ailleurs, dans la ville de Villa Mercedes, les entreprises qui s’installent sont exonérées de taxations fiscales dans le but des les attirer et les faire venir dans la province.

Photo : Terrazas del Portezuelo, le nouveau siege de l'administration de la province de San Luis. Une sorte de Brasilia !

 

Candidat pour la présidence 2011 :

 

Alberto Rodriguez Saa se présente à la présidence car il souhaite faire une différence.

« Nous savons déjà que (Ricardo Alfonsin) est un « fils de »  et la Présidente aussi est une « veuve de ». Mais la politique ne peux pas être affaire de « veuve et fils de ». Où sont passés vos rêves ? » a-t-il déclaré récemment.

Saa et son parti souhaite faire une différence car, selon lui, l’Argentine est prisonnière « d’une gauche qui justifie la corruption et le manque de transparence et d’une droite absolument inopérante ».

 Il souhaite calquer le modèle de développement à succès de sa province au niveau national mais les sceptiques peuvent se demander si cela est possible. En effet, la province de San Luis est petite et peu peuplée comparé à d’autres comme Cordoba ou Buenos Aires. Et puis, même si réussir au niveau de la province est très encourageant, cela ne signifie pas nécessairement être à même de faire face aux nombreux enjeux que représente un poste en tant que Président. Saa devra prouver qu’il est capable de plus, de voir plus grand, de voir national et international afin de réunir le plus de monde possible. S’il peut s’appuyer sur ses résultats, ils ne représentent pas une fin en soi.

 Et puis, les plus critiques pourront aussi pointer du doigt cette « affaire de famille » qu’est la gouvernance de la province de San Luis, véritable fief des Saa qui ressemble de loin à un système féodal. Comme nous l’avons dit, grand-père, frère et grand-oncle se sont succédés au poste. On est en droit de se poser des questions sur l’existence ou non d’un certain népotisme et sur la réelle effectivité démocratique de la province. Il semble, parfois, que règne un certain mégalomanisme à ce niveau-là. Autoroutes, centres commerciaux, hôtel de luxe et palais des élus construits en plein désert, la province a de l’argent mais l’utilise-t-elle vraiment à bon escient ?

Beaucoup de choses à prouver, donc. Une chose est sure, on va garder un œil sur lui et vous tenir au courant. À suivre son programme et plus de réponses aux questions que l’on se pose, et puis, dans tous les cas, rendez-vous dans une semaine  ! Lire ensuite article sur Son Programme.

A lire dans le Petit Hergé :

Elections présidentielles argentines d'octobre 2011- Les elections d'Octobre 2011.(Octobre 2011). Nous voilà sur la dernière droite avant les élections présidentielles argentines. Il s’agit du premier tour, mais la candidate sortante Cristina Kirchner est donnée en tête de tous les sondages avec plus 51% des intentions de vote. La bataille est pourtant bien là, puisque si les autres candidats ne se font pas trop d’illusions, il y a à la fois des batailles à mener pour chacun d’entre eux pour assurer leur place sur les sièges de l’assemblée nationale et du sénat..(Lire la suite).

 

Cristina Fernández de Kirchner- Cristina Fernandez Kirchner.(Octobre 2011). Cristina Kirchner, né le 19 février 1953, à la Plata, avocate de formation et diplômée en 1979, fait ses études en science légale et sociale, à l’Université de la Plata. Sur les bancs de l’université, Cristina rencontre Nestor. Un sourire, un regard. Cristina est conquise par le charisme de ce monsieur. Mais surtout, le couple partage les mêmes idées, puisqu’ils sont tous les deux membres, à l’époque de la jeunesse universitaire péroniste...(Lire la suite)

 

- Eduardo Duhalde.(Ocotbre 2011). Eduardo Duhalde connait très bien le monde politique argentin, ne se décourage pas et affirme que rien n’est joué pour le moment, il avance ses pions et ses hommes à la chambres des députes et au sénat, puisqu’à la même date auront lieux les élections législatives. Détestant le couple Kirchner, il en fait aujourd’hui une question personnelle. La politique, le pouvoir et les relations. Au courant de toute la vie politiques et de ses dessous depuis les années 90, il a les moyens de sortir les dossiers gênants quand il veut...(Lire la suite).

- Ricardo Luis Alfonsin.(Octobre 2011). Pour Alfonsin, un seul et même leitmotiv : construire l’Argentine de la mobilité sociale ascendante, celle dans laquelle il grandit, avec cette fois ci en ligne de mire la liberté et l’égalité pour tous. Son slogan est  «Transformer la croissance en développement », ses buts principaux sont d’en finir avec la pauvreté extrême, de suivre le principe du fédéralisme, de respecter strictement les institutions et de permettre à chaque région en Argentine de faire entendre sa voix..(Lire la suite).

 
 

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