Partager l'article ! 27 octobre 2010 : Recensement en Argentine: Mise à jour : 26 octobre 2010. Ecrit par Hergé et Nabil Naamane. ...
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Mise à jour : 26 octobre 2010. Ecrit par Hergé et Nabil Naamane.
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Le flashforward argentin !
Le mercredi 27 octobre 2010, toute l’Argentine s’arrête ! S’arrête pour tout ! Administrations, bureaux, usines sont vides ! Tous les magasins sont fermés, tous les restaurants, bars, théâtres, cinémas, spectacle, stations services sont fermés, même pas un seul match de foot ! Grandes surfaces et petits kiosques doivent impérativement être fermés ! Les bus, taxis, se feront extrêmement rares et cela jusqu’à 20 H … heure de libération si on peut dire ! Des inspecteurs vérifieront que de la Quiaca à Ushuaia et que de Mendoza à Iguazu tout doit être fermé sous peine d’amende de 10.000 à 15.000 pesos pour les petits négoces. Non ! Il ne s’agit pas d’une grève, d’un blocus, d’un mouvement social, politique ou religieux. Alors en cette veille de « Flashforward argentin de 20 heures » prévu entre 0h00 et 20h00, les habitants s’activent à remplir leurs frigos et placards pour pouvoir tenir ces quelques heures !
Mais que va-t-il se passer ? Réponse : Le recensement 2010 de la population nationale ! Toute la population (plus de 40 millions d'habitants) doit rester chez elle. |
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L’entité chargée de réaliser depuis 1969 les « Recensements Nationaux de population, de foyers et du logement » de la République d’Argentine est l’INDEC (Institut National de Statistiques et Recensements), un organisme publique qui fournit toutes les statistiques officielles du pays. Le premier recensement de population fut cependant réalisé en 1869 sous la présidence de Domingo Faustino Sarmiento. Depuis 1960, les recensements nationaux ont été effectués tous les 10 ans, à l’exception de ceux de 1990 et 2000 qui eurent lieu respectivement en 1991 et 2001. Le recensement de 2010 aura lieu le mercredi 27 octobre, et depuis plusieurs mois beaucoup d’encre coule à son propos. |
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Deux semaines avant la mise en route du dixième Recensement national, un rapport écrit par des techniciens de l’INDEC émet de sérieux doutes concernant le résultat final. Selon eux, d’importants aspect sociaux vont en effet rester en suspens : combien d’élèves y a t-il dans les collèges privés et publics ? Quel est le niveau de surpeuplement dans les foyers les moins aisés ? Quel type de carrière privilégient les diplômés universitaires ? Ou encore, combien y a t-il de personnes sourdes dans le pays ? Le rapport est formel : « Les données n’auront aucune utilité ».
Le quotidien Clarín a réussi à mettre la main sur ce document qui fut écrit par un groupe de professionnels expérimentés de l’INDEC opposés aux propos de Ana María Edwin (la directrice de l’INDEC). Au fil des quelques 60 pages du rapport, on remet non seulement en cause le travail préliminaire nécessaire pour effectuer une telle opération, mais également le questionnaire qui sera finalement soumis à chaque foyer argentin. Avant le recensement de 1991 cinq essais préalables avaient été mis en place. En 2001 il n’y en eut que quatre, mais on avait en plus prévu six types de tests différents en vue de réduire la marge d’erreur au moment du recensement. Pour l’édition 2010, à peine un essai pilote fut réalisé. Qui plus est dans deux villages : Chivilcoy et Tolhuin. Autre aberration, la formation des recenseurs s’est déroulée en 2010 pendant 8 mois, alors qu’en 2001 elle avait nécessité deux années de travail. |
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Vidéo : Vidéo du gouvernement argentin sur le Recensement 2010. Cette vidéo est diffusée pour les agents recenseurs. (2010 : 22 mn. 22s.) |
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Les sociologues s’accordent pour dire qu’un recensement constitue « la mobilisation la plus importante en temps de paix ». Le 27 octobre, une armée de 650 000 recenseurs va parcourir le pays afin de savoir qui sont et comment vivent les personnes qui habitent en Argentine. Seul l’Etat est capable de se charger d’une telle opération. Sans les chiffres d’un recensement, il est pratiquement impossible de mener à bien des politiques publiques. Mais cette information est également nécessaire d’une part pour établir correctement ce qu’on appelle les produits de coparticipation – c’est-à-dire ceux qui se répartissent entre la nation et la province – et d’autre part pour déterminer proportionnellement le nombre de députés correspondant à chaque district. « On ne peut en aucun cas réaliser un bon recensement avec un tel travail de préparation, il est très mal conçu, mais en plus il va fausser pour dix ans tout le système statistique du pays », soutient Carolina Ocar, une des sociologues qui a participé au rapport. Elle est, avec Daniel Fazzio, une des représentantes de ATE de l’INDEC (un regroupement de la Liste Verte au sein de l’INDEC). Ils furent les premiers à dénoncer la distorsion des statistiques au sein de l’organisme. Au début de l’année, le Conseil Académique Universitaire – chargé d’évaluer le travail de l’INDEC – s’est lui aussi rendu compte du problème et réclama le report du recensement. |
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Au delà même de ces querelles intestines, un examen des rapports souligne l’absence de questions essentielles et fondamentales pour déterminer des groupes socioéconomiques. Par exemple, savoir si une maison est équipée ou non d’un congélateur ou d’un accès à Internet. La rapport nous avertit aussi à propos de la couverture santé : « On ne saura pas non plus combien de personnes possèdent chaque type de couverture – mutuelle privée, mutuelle ouvrière – et encore moins les combinaisons éventuelles ». De nombreuses questions de base ne sont pas prises en compte dans le questionnaire : on ne pourra pas savoir si une personne est aveugle, sourde ou muette par exemple. « Encore mois obtenir quelconque information sur les capacités mentales d’une personne » stipule le rapport. Avec un tel chamboulement dans les questions, il s’avère impossible de faire la moindre comparaison avec la situation de la population il y a neuf ans. Le document de ATE émet également de forts doutes quant à l’information relative aux peuples autochtones, aux personnes d’ascendance africaine et aux personnes handicapées. En effet, seuls les questionnaires « longs » pourront aborder de telles questions, seulement il ne seront soumis qu’à 10% de la population. Or, le vendredi 8 octobre 2010, Ana María Edwin s’est rendue à Humahuaca pour lancer officiellement le « Recensement du Bicentenaire ». « Ce sera le recensement de l’inclusion » a t-elle promis, entourée de représentants de ces minorités. A Buenos Aires, ses employés ont néanmoins affirmé qu’elle continuera quoi qu’il arrive, même sans en savoir davantage sur ces dernières. |
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L’une des exigences fondamentales pour que le recensement puisse être fiable est l’anonymat des personnes interrogées. De cette façon, vous vous assurez que les gens se sentent en sécurité pour répondre. C’est pourquoi les recenseurs ne demanderont pas d’informations personnelles comme le prénom, le nom de famille ou quelconque document d’identité. Il arrive pourtant que certains formulaires aient un emplacement réservé pour noter le prénom de la personne qui l’a rempli. Cela permet tout simplement au recenseur de ne pas confondre les formulaires et à organiser son travail. On explique donc dans le cours de formation pour les personnes qui se soumettront au recensement que l’on peut répondre que son nom est Napoléon Bonaparte, Angelina Jolie ou encore Brad Pitt. |
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Via le réseau social Twitter, Cristina Fernández de Kirchner a appelé les Argentins à participer au Recensement National du 27 octobre. La présidente considère come « indispensable » le travail qu’effectuera l’INDEC en matière de politiques publiques. C’est pour cette raison que des fonctionnaires de l’Institut ont répété « qu’il n’est pas nécessaire » que les enquêteurs entrent dans les logements. Le directeur technique de l'INDEC Norberto Itzcovich a insisté : « le recenseur aura sur lui son questionnaire, une tablette pour s’appuyer, son crayon, sa gomme et son taille-crayon. Même dans la rue il pourra parfaitement noter ce que l’interviewé lui répondra ». Et il a rajouté que le mercredi 27 « toutes les forces de l’ordre seront mobilisées » pour éviter tout incident. La plupart des 650 000 recenseurs sont des enseignants ou des fonctionnaires, alors que dans les bidonvilles les enquêteurs seront des membres d’organisations de ces quartiers. Itzcovich a précisé que répondre aux questions prend « environ dix minutes » avec le questionnaire aux 35 questions de base, alors que pour le formulaire « long » aux 67 questions ce ne serait pas plus de 15 minutes. |
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« Je pars pour Villa Ángela dans la province du Chaco (43 500 habitants selon de recensement de 2001). Tu te rends compte que le recensement de 2010 est indispensable pour le pays ? » a écrit la présidente sur son compte Twitter – @CFKArgentina – qui est suivi par plus de 127 000 personnes. Elle a ensuite posté cinq autres messages de 140 caractères dans lesquels elle décrivait des travaux menés par le Gouvernement. Et le sixième fut très insistant à propos de l’enquête statistique. « Le Recensement 2010 (est) indispensable, il prend en compte les peuple autochtones », a t-elle soutenu. Et d’ajouter, en parlant d’elle-même à la troisième personne : « CFK insiste ».
De cette manière, elle a exhorté la population à participer au Recensement 2010 mais elle s’est aussi exprimée sur deux points importants. D’une part, elle a répondu aux critiques concernant la fiabilité du travail de l’INDEC ; par exemple, sur Facebook, le groupe « Recensement National 2010, ne leur ouvre pas » a plus de 5000 adhérents, et « Boycott au recensement 2010 de l’INDEK » en a 800. On notera le « K » de Kirchner volontairement introduit à la place du « C » dans l’acronyme « INDEC ». D’autre part, Cristina a pris part à la polémique à propos des possibles risques de recevoir un recenseur en raison de l’insécurité (ou, pour faire simple, la crainte que des cambrioleurs se fassent passer pour des recenseurs et puissent entrer facilement dans les maisons). Face à cela, le directeur technique de l’INDEC, NorbertoItzcovich, à lui aussi incité la population à participer au recensement et a répété « qu’il n’est pas nécessaire que le recenseur entre dans les maisons ». Lors d’une discussion avec la radio La Red, il a soutenu que quiconque pourra répondre à travers « le juda » s’il ou elle craint d’être victime d’un délinquant, et a déclaré que « si les gens ne veulent pas recevoir le recenseur il n’y a aucun problème ». Les enquêteurs devront par conséquent présenter une carte d’identification qui porte des marques pratiquement impossible d’identifier. Ils devront en plus montrer leur DNI (Document National d’Identité) et auront sur eux des papiers officiels avec les formulaires. |
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Voici enfin des extraits d’un document que le l’INDEC à récemment mis en ligne intitulé « Recommandations pour la population » :
« Les recenseurs, en majorité des hommes, passeront de maison en maison, mandatés par l’Etat, entre 8h30 et 20h. Si vous devez sortir de chez vous, assurez vous qu’il y ait en permanence quelqu’un qui y reste pour pouvoir répondre au recenseur. » « Evitons d’être recensés deux fois. Si vous sortez de chez vous après avoir été recensé et que vous arrivez chez quelqu’un qui ne l’a pas encore été, faites savoir que vous avez déjà répondu au questionnaire. » « L’entrevue durera environ dix minutes si vous répondez aux questionnaire basique de 35 questions, ou 20 minutes s’il s’agit du questionnaire ‘’long’’ de 67 questions. » « Les information que vous donnerez sont totalement confidentielles, vous n’aurez pas à donner vos noms et prénoms, ni à présenter votre DNI ou quelconque papier d’identité. » « Les formulaires devront seulement être complétés par les recenseurs, ils ont été formés pour. » Attendons donc mercredi 27 le recenseur chez nous, ouvrons ou non la porte, répondons correctement aux questions et espérons surtout ne pas ressentir une certaine aberration aux moments même des questions. |
A lire dans le Petit Herge :
- Elections au Brésil.(Septembre 2010). - Hugo Moyano et la CGT.(Septembre 2010). - La ville de Mercedes (Soriano).(Août 2010). - Villa crespo Outlet.(Août 2010). - La province de Entre Rios.(Novembre 2008). - Le Formosa pendant la guerre des Malouines.(Juillet 2010). - La mafia chinoise à Buenos Aires.(Aout 2010). - Sentiment d'insécurité à Buenos Aires.(Juillet 2010). - La ville de Ushuaia.(Juin 2010). - Ray Ventura en Argentine.(Juillet 2009). |
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