12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 16:58

Mise à jour : Lundi 12 mai 2008 14h00 (H.Paris 19h00).

Le Marché de Liniers :

Ce matin lundi 12 mai 2008, seuls 738 bêtes sont passées par le marché de Liniers. Le marché de Liniers étant sur Buenos Aires, le marché pour ne pas dire la bourse du prix de la viande sur pied. Un lundi normal enregistre habituellement une entrée de 6.000 bovins. Ces chiffres conforment donc que le "Paro du campo" (grêve de monde rural) est donc bien effectif.
Les stocks pour l'instant sont au maximum, tout le monde s'étant préparé à cette deuxieme vague de protestation, il faudra donc au moins 2 voir 3 semaines pour commencer à sentir un manque d'approvisionnement dans les magasins d'alimentation.

D'après les analystes, c'est plutot l'économie qui va etre directement touchée cette fois ci, car dans les campagnes, tout le monde dépense que le strict minimum, l'achat de la voiture, de la machine outils, mais aussi les sorties au restos, ou les achats de meubles ou de vêtements attendent...des jours meilleurs. Bref, les ventes des services et des biens de consommation s'ecroulent. (Ca va peut etre calmer un peu l'inflation !).

Pour les grandes villes : Buenos Aires, Rosario, Cordoba ou Mendoza. On ne le ressent pas encore, nous continuons à consommer comme des fous. (Il faudra voir peut être dans une semaine si ça ne change pas). Pourtant déjà au niveau des ventes de bien immobilier, ça freine dur. L'argentin sent que ça "sent mauvais", alors on retire ses pesos des banques pour les changer en USD ou en EUR (trop de mauvais souvenirs de 2001) et pour l'achat d'un appart ou d'un bien on attend. D'ailleurs pour ceux qui veulent en ce moment acheter un appart sur Bsas, je leur conseille d'attendre puisque une bonne baisse du m2 est fortement envisageable. Rien de mieux que d'acheter du m2 juste apres une bonne crise, et nous en prenons le chemin déjà depuis 2 mois.


Hier soir dimanche 11 mai 2008, sur la route bloquée à Santa Teresa (Province de Santa Fe). Les ruralistas ont brulé une moissoneuse (on lit sur la pancarte :"ils nous veulent comme ça!") 

Situation sur les routes :

Les barrages ont en ce cinquieme jour de Paro essentiellement "germé" dans 5 provinces : Entre Rios, Cordoba, La Pampa, Santa Fe et Buenos Aires. On laisse passer tous les vehicules, sauf les camions transportant des céréales pour l'export. Sur d'autres barrages, les plus chauds du coté de Gualeyguachú, on bloque tous les camions, on les laisse mariner à feu doux pendant 6 heures, et on les laisse repartir. Bref chacun mène son blocage comme il l'entend.

Caricature de Cristina Kirchner sortie dans la Nacion ce lundi 12 mai 2008.Situation de LA Cristina Kirchner :

Rien, hier elle n'a rien dit, aujourd'hui elle n'a rien dit.

Situation dans la classe politique :

Les premiers en ligne, les maires et autre députés de la zone agricole qui ont déjà depuis le premier mouvement agricole du mois dernier "lâché" LA Cristina et le gouvernement, et sont depuis un bon moment avec les ruralistas. Viennent ensuite les gouverneurs des provinces qui ont peu à peu du se rendre compte que le gouvernement national de Buenos Aires ne semblait plus trop attentif à la situations dans les provinces. Alors il y a eu tout d'abord le gouverneur de Catamarca qui a été le premier il y a quelques semaines à faire sécession avec Cristina Kirchner (pourtant du même parti). Voilà que la semaine dernière, c’est au gouverneur de Cordoba (Juan Schiaretti) de ne plus se cacher pour critiquer LA présidente.

Aujourd’hui il a réuni les ruralistas à Cordoba pour pouvoir voir si il pouvait faire avancer le dossier. La décision ne dépend pas de lui, mais peut être peut il intercéder envers LA madame de présidente pour lui expliquer qu’elle a tout à perdre en ne voulant pas faire sauter cette idée saugrenue d’appliquer une rétention mobile suivant (la force du vent et l’age du capitaine) le cours des céréales sur le marché mondial.

Les gouverneurs un à un, commencent tout doucement à sortir de leur mutisme (C’est qu’ils ont tous une trouille terrible de Kruela Kirchner, et de son appareil de parti). Le gouverneur de Buenos Aires (Daniel Scioli) avait aussi annoncé hier qu’il allait prendre des contacts directs avec les ruralistas, mais bon, de peur de se faire sauvagement écarteler par les bons soins de Madame, ce matin, il s’est ravisé et ne s’est pas déplacé lui-même mais a envoyé deux sous fifres à sa place.

En tout cas, une chose est sure…plus le temps passe, plus ça coûte cher a l’économie argentine, et plus au sein de son propre parti, on ne cache plus trop les dissensions. Mais bon, le plus important c’est tout d’abord le pays. On avait chiffré la croissance du PIB pour 2008 autour de 8%, nous voilà maintenant grâce aux bons soins de Cristina Kirchner et de son entêtement suicidaire, à revoir le chiffre autour de 4%.

Le temps joue en défaveur de Cristina Kirchner mais aussi malheureusement en défaveur de la vitalité du pays. La question est de savoir jusqu’où il faut purger pour assainir une fois pour toute la politique argentine.

Les 5 articles suivants sur le sujet :

- 18 mai 2008 : Entre dialogue et durcissement.
- 26 mai 2008 :
Le dernier jour ?
- 26 mai 2008 :
Achetons à crédit

- 26 mai 2008 : En attente d'une réponse de Cristina Kirchner
- 29 mai 2008 : Il fait froid chez les Kirchner


Les 5 derniers articles sur le sujet :

- 08 mai 2008 : Le campo, le retour !
- 05 mai 2008 : Le scepticisme du campo face au gouvernement argentin.
- 27 avril 2008 :
Carlos Fernandez, nouveau ministre de l'économie. 

- 17 avril 2008 : L'intransigeance de Guillermo Moreno.
- 15 avril 2008 : Cristina Kirchner et la liberté de la presse.

 

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Published by Le Petit Hergé - dans 03 - Actualité argentine
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commentaires

Paddy 14/05/2008 11:31

Pendant ce temps, j’ai lu (info ou intox ?) que les gros exportateurs céréaliers avaient trouvé une juteuse combine pour tirer profit du système de retenues à l’export. Pas bêtes : lorsqu’ils ont vent d’une augmentation à venir, ils déclarent avant qu’elle ne se produise l’exportation d’une masse énorme de céréales, fictive, puisqu’ils ne l’ont même pas en stock. C’est donc l’ancienne taxe, la plus basse, qui est appliquée. La marchandise réelle sera quant à elle achetée, revendue et exportée après l’application de la nouvelle taxe, plus élevée. Et vendue, bien sûr, à un prix supérieur à celui déclaré à l’origine, tout augmente ma bonne dame. Double bénéfice, pas besoin de faire un dessin. Le plus marrant, c’est que jusqu’à maintenant, c’était légal, puisque l’Etat vient juste de pondre un texte pour corriger cette dérive. Bien sûr, la technique n’est pas sans risque, et il faut en plus disposer d’infos de première main. Réservé aux très gros, donc. Qui comptent les points pendant que campo et gouvernement tournent autour du ring. Il y a des jours où on se sent petit, tout petit…

Le Petit Hergé 14/05/2008 18:30


Bonjour Paddy, en effet tu as vu juste, il y aurait eu des "fuites" juste avant que se prenne la décision d'augmenter les retentions. Les tres gros, donc les exportateurs avaient gonflé leurs
achats avant la date fatidique. Ce qui implique certainement quelques politiques ou administratifs en place qui ont pu se permettre quelques "extras" à vendre l'info. A bientot ! Herge !


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