12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 18:53

Mise à jour : 12 avril 2016. Catégorie : Buenos Aires

No hi ha somnis impossibles :

 

Autre immeuble construit par l’architecte Eduardo Rodriguez Ortega (et seul autre construit à Buenos Aires), à seulement une demi cuadra de sa “Casa de los lirios” dans le quartier de Balvanera. Voilà donc un bâtiment faisant angle entre la Calle Ayacucho et l’avenida Rivadavia. Erigé entre 1905 et 1907, il comprend deux niveaux (rez-de-chaussée et entresol) pour recevoir une activité commerciale (Pendant de nombreuses années, il y avait un bazar), et quatre autres niveaux de logements.

La devise « No hi ha somni impossibles » qui couronne l’édifice n’est pas original (comme tout le monde croit) mais a été placé en 1999 lors de la restauration de l’ensemble. C’est du catalan toujours en référence au grand Gaudi « Il n’y a pas de rêves impossibles ».

  

Photos : Porte d'entrée sur l'avenida Rivadavia (juin 2015), angle de l'immeuble (2015) et coupole (mai 2007).

Photo : Facade du 3ème étage sur la calle Ayacucho. (Photo avril 2008).

Un immeuble sorti de l’oubli juste avant la crise de 2001 :

 

Entre 2000 et 2001, des travaux de rénovation (pour ne pas dire de restauration) eurent lieu de la part des propriétaires qui avait acheté le dernier étage et la terrasse. En effet entre février et avril 2000, Maria Carolina Rojo (née en 1964) et Ignacio Cerezo Laporta (son novio et associé) achètent cet étage pour y vivre et aussi installer les bureaux de leur société de recyclage (C.R. & Co SRL) et de restauration (qui fera faillite à partir de la crise de décembre 2001). Devant le désastre de près de 90 ans de manque d’entretien (et surtout d’une terrasse totalement abandonnée depuis 60 ans), ils font appel à deux spécialistes en Argentine de Gaudi, le professeur Felipe Romeo et aussi à l’architecte Fernando Lorenzi à qui ils confient la lourde tache de rénover la coupole en bulbe et la terrasse.

Les façades (1.600 m2 approximativement) n’avaient pas de mystère pour eux. Il fallait restaurer les ornementations manquantes, boucher les fissures en retrouvant les tons originaux.

Photo : Une des plus ancienne photo que je possede (19 juin 1997). Bien avant la restauration. On voit meme des petites fenêtres aux 1er, 2eme et 4eme qui disparaitront lors des travaux de 2001.

Photos : Avant et après la restauration de la coupole (1999 et 2002)

    

Photos : Vue aérienne du bulbe et de la terrasse.

La coupole à bulbe et la terrasse avec le petit pont (photos juin 2009).

L’empreinte de Gaudi :

 

Ce qui, au tout début de la rénovation, attire l’attention des propriétaires est la quantité mais aussi la qualité des décors de l’immeuble en son extérieur comme en son intérieur : ferronnerie, bois, marbre, stuc, et une dominante présente partout, la Catalogne. Donc penser à Gaudi fut naturel, surtout que la construction date de 1905-1907.

Pour l’époque des détails de construction sont même « avant-gardistes » comme le « ferrociment » utilisé en Europe à partir du XIXème siècle pour sa légèreté et aussi pour un cout inferieur au béton armé, et totalement inconnu en Argentine. Il y a aussi le « trencadis » mot catalan qui désigne la céramique cassée en petite surface pour ensuite recouvrir une paroi ou même une sculpture, qui fut appliqué pour recouvrir la coupole. Une technique inconnue à Buenos Aires, mais à la mode à Barcelone (Ex, le lézard du Parc Guell (1900-1914).

De plus le constructeur-architecte Eduardo Rodriguez Ortega, bien que né en Argentine, était fils de Catalans, et avait fait ses études en Europe (Il est diplômé de l’Université technique de Charlottenburg à Berlin en Allemagne).

Comme il était contemporain (1871-1938) à Gaudi (1852-1926), de là à penser qu’il pu rencontrer Gaudi lors d’un de ces voyages à Barcelone, le pas peut être vite franchi !

Lors des travaux de rénovation entre 1999 et 2002, l’architecte Fernando Lorenzi a même amplifié le « gaudisme » des lieux en dotant la terrasse de 350 m2 de deux structures de ferronnerie, dont une réplique à la même échelle de la fameuse « Puerta del Dragón » du Palacio Güell, ainsi que d’ornementation copiée à la casa Battló de Barcelone.

La cascade qu’on peut donc voir sur les photos, comme les pergolas, l’énigmatique parasol rouge ou le petit pont de bois, ne sont donc que des interprétations ajoutées aussi par Lorenzi.

Au rez-de-chaussée et à l’entresol, devait fonctionner en 1907 un « bazar », le grand escalier reliant les deux niveaux existe encore (on peut le voir de la rue). A partir des années 90, il reçu tour à tour les services d'une caisse de pension puis différents concessionnaires automobiles (Fiat, la 1 Alborada, et aujourd’hui Ford).    

Photos : En haut la réplique du portail du Parc Guell sur la terrasse (photo août 2009), en dessous la ville a travers le bulbe (Photo juin 2009)

Photo : Le parapluie rouge de la terrasse devant la réplique du portail du Parc Guell de Barcelone. 

    

Photos : Angle de Rivadavia et Ayacucho, Coupole en bulbe de l'immeuble de Rivadavia 2009 (2008) et prise de nuit du même angle en 2013.

Les conseils du petit Hergé :

 

Il s’agit d’un immeuble privé et il est donc difficile de pouvoir le visiter ! Pourtant n’hésitez surtout pas à aller le voir, ne serait ce que de l’extérieur. Lorsque le soleil frappe la coupole, le spectacle est fantastique !

Comme toujours je recommande chaudement de visiter le quartier de Balvanera pour tous ses immeubles « art nouveau ».

L’adresse exacte : Avenida Rivadavia 2009.

A voir dans un rayon de 500 m autour, le Palacio Congreso Nacional (à 200 m),  la Plaza Congreso (à 300 m), la Casa de los Lirios (juste à coté),la Confiteria A los Angelitos ( à 50 m), la Iglesia Regyna Martyrum (à 150 m), la Confiteria del Molino (à 300 m), le Teatro Empire (à 200 m), la Plaza 1° de Mayo (à 300 m), le Pasaje Ambrosio Colombo (à 500 m), la Iglesia Nuestra Señora de Balvanera (à 500 m), le Colegio San Jose (à 500 m), le Mercado Spinetto (à 500 m), l’Edificio Casa Moussion (à 500 m).

Pour toutes questions ou visites, envoyez moi un mail à : petitherge@hotmail.com

    

Photos : Porte d'entrée sur rue (Novembre 2007), porte en bois dans le hall d'entrée (décembre 2007), et hall d'entrée en marbre (décembre 2007)

Photo : Intérieur du bulbe. Photo 05 juin 2009.

A lire aussi dans le Petit Hergé : 

  Palacio Estrugamou. Quartier Retiro. Buenos Aires. Photo 22 avril 2004.  null  

 

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